Jeremstar relaxé : un verdict qui interroge l’activisme contre la corrida

Figure emblématique des réseaux sociaux, Jeremstar, de son vrai nom Jérémy Gisclon, a marqué les esprits lors de son intervention lors de la feria des Vendanges à Nîmes, en septembre 2025. En brandissant un tissu sur lequel était inscrit « F*CK la CORRIDA », l’influenceur a voulu dénoncer ce qu’il considère comme des « spectacles barbares ». Cette action, en collaboration avec PETA France, a eu pour effet de provoquer un arrêt momentané du spectacle, suscitant des réactions passionnées de la part des aficionados et des défenseurs des animaux.

EN BREF

  • Jeremstar relaxé après son action anti-corrida à Nîmes
  • Le tribunal considère que la corrida n’est pas un sport
  • L’activisme animaliste gagne en visibilité sur les réseaux sociaux

Après une garde à vue de 48 heures, le tribunal correctionnel de Nîmes a rendu son verdict le 9 juin 2026 : Jeremstar et ses quatre compagnons ont été relaxés. La présidente du tribunal, Anne-Carine David, a précisé que « l’activité de corrida ne saurait revêtir la qualité de sport », ce qui a conduit à la décision de ne pas retenir les délits reprochés.

Cette question du statut juridique de la corrida était au cœur des débats, puisque le parquet avait initialement envisagé des accusations d’« entrée illégale dans une enceinte sportive ». Le procureur Frédéric Kocher a souligné que l’affaire ne portait pas sur la légitimité de la corrida en tant que tradition, mais sur la qualification de l’intrusion sur le terrain.

Lors de l’audience, Jeremstar a affirmé ne pas regretter son geste. Il a évoqué le moment où il est entré dans l’arène, après la mise à mort d’un taureau, soulignant qu’il n’avait pas troublé le déroulement du spectacle. Le parquet avait demandé une peine allant jusqu’à un an de prison et une amende de 5 000 à 6 000 euros, mais le tribunal a décidé de ne pas retenir ces infractions.

Ce verdict, au-delà de sa portée juridique, marque une étape dans la montée de l’opposition à la corrida en France. Une mobilisation de 100 à 200 personnes s’est tenue devant le tribunal, rassemblant jeunes militants, fans de Jeremstar et membres de PETA, mais également des aficionados venus défendre la tradition taurine.

Avec ses 2,5 millions de followers sur Instagram, 2,9 millions sur TikTok et 1,6 million sur YouTube, Jeremstar illustre la puissance des réseaux sociaux pour faire entendre la voix des activistes. Après l’audience, il a déclaré : « On va continuer d’emmerder les gens qui font la promotion de la violence en tuant des taureaux. » Pour lui, la corrida reste une « barbarie digne du Moyen Âge ».

Les échanges sur place étaient animés, entre banderoles « Abolissons la corrida ! » et cris de soutien à la tradition, révélant des tensions culturelles et générationnelles profondes. Ce débat dépasse largement le cadre des arènes de Nîmes, touchant à des questions éthiques et sociétales qui continuent de diviser l’opinion publique.

Alors que le parquet dispose de six jours pour décider d’un appel, la décision du tribunal a ouvert un nouveau chapitre dans la lutte contre la tauromachie. La confrontation entre les partisans et les opposants à la corrida se fait de plus en plus visible, rendant la dynamique de cet activisme encore plus complexe.