La fin de l’ADSL approche à grands pas en France, et d’ici 2030, ce réseau en cuivre sera totalement abandonné. Ce changement entraîne une nécessité pressante pour des millions de foyers de passer à la fibre optique. Toutefois, ce passage peut s’avérer coûteux, ce qui peut constituer un frein pour de nombreux ménages.
EN BREF
- La fermeture de l’ADSL est prévue d’ici 2030, affectant des millions de foyers.
- La CAF propose le Prêt d’Équipement Ménager et Informatique pour financer l’achat d’équipements.
- Un abonnement social à la fibre est disponible pour les bénéficiaires de minima sociaux.
Le réseau cuivre, qui a plus de cinquante ans, coûte chaque année à Orange plus de 500 millions d’euros en entretien. L’opérateur historique est donc désireux de tourner la page. La fermeture du réseau se déroule sous la supervision de l’Arcep et avance par étapes, touchant d’abord certaines communes, puis d’autres au fil du temps.
Début 2025, une première vague de coupures a été lancée, suivie par des débranchages massifs en 2026. Cependant, près de trois abonnés ADSL sur dix ne sont pas encore au courant que leur ligne sera bientôt coupée. Quand la coupure se produit, elle est brutale : la box s’éteint, et le téléphone fixe devient muet. Pour des personnes âgées ou des commerçants, cela peut rapidement se transformer en un véritable cauchemar.
La fibre, promise avec des débits dix à cinquante fois plus élevés et une consommation d’énergie réduite, représente une avancée technologique indéniable. Néanmoins, passer à la fibre sans matériel adapté est problématique, d’où la nécessité d’un soutien financier pour les ménages les plus modestes.
Heureusement, un dispositif méconnu pourrait bien être la solution. Il s’agit du Prêt d’Équipement Ménager et Informatique (PEMI), proposé par les caisses départementales de la CAF. Ce prêt à taux zéro permet de financer l’achat d’ordinateurs, de tablettes ou d’imprimantes. Malheureusement, beaucoup d’allocataires ignorent son existence.
Les montants varient selon les départements. Par exemple, la CAF du Nord peut prêter jusqu’à 1 500 euros, dont 600 euros sont réservés à l’informatique pour les foyers avec enfant dont le quotient familial ne dépasse pas 850 euros. D’autres caisses, comme celle de l’Eure, cofinancent la moitié de l’achat, tandis que la CAF de l’Orne couvre jusqu’à 80 % du matériel, dans la limite de 500 euros.
Le remboursement est facilité par des mensualités allant de 20 à 37,50 euros, prélevées directement sur les prestations familiales, sans surprise ni frais cachés. Toutefois, il est essentiel de respecter certaines règles. La plupart des caisses excluent les achats en ligne et les ventes entre particuliers. Pour le matériel reconditionné, il est nécessaire de passer par une boutique physique capable de fournir un devis nominatif. Enfin, il est crucial d’attendre l’accord écrit de la CAF avant tout paiement, car c’est elle qui règle directement les commerçants.
Même avec un prêt pour le matériel, le coût de l’abonnement à la fibre peut encore poser problème. C’est pourquoi un second dispositif entre en jeu. Les bénéficiaires des minima sociaux, tels que le RSA, l’AAH ou l’ASPA, peuvent souscrire à l’offre « Coup de Pouce » d’Orange. Pour 15,99 euros par mois, cette offre inclut la fibre jusqu’à 500 Mbit/s, la téléphonie fixe illimitée et un décodeur TV, sans engagement ni augmentation de prix après un an. Des frais d’activation de 40 euros sont cependant dus.
Par ailleurs, Orange propose un ordinateur portable reconditionné à 169 euros via son partenaire solidaire, AfB, avec possibilité de paiement échelonné. Cependant, cet achat ne peut se faire qu’en ligne, ce qui pose un problème, car la plupart des CAF refusent de financer les achats réalisés sur Internet via le PEMI. Un vrai piège à éviter.
La solution consiste à souscrire à la box sociale d’Orange tout en achetant un ordinateur en magasin physique grâce au prêt de la CAF. En combinant ces deux dispositifs, il est possible de surmonter les obstacles administratifs.
Pour les zones rurales où la fibre se fait attendre, le programme « Cohésion numérique des territoires » propose jusqu’à 600 euros d’aide pour s’équiper en 4G fixe ou satellite, sous certaines conditions de ressources. Certaines aides forfaitaires peuvent même couvrir une partie des travaux de raccordement, allant de 400 à 1 200 euros.
La fin de l’ADSL n’est pas une option, mais un compte à rebours. Grâce au prêt de la CAF, à l’offre sociale d’Orange et aux aides territoriales, il est possible de transformer une coupure subie en une transition maîtrisée. Il est donc essentiel de s’informer et d’agir rapidement, avant que les lignes ne s’éteignent définitivement.