À l’approche de l’été, les colonies de vacances font face à une vague d’inquiétudes de la part des parents, exacerbée par l’affaire Lyhanna et d’autres scandales récents liés aux abus sexuels dans le milieu périscolaire. Cette situation a conduit certains à renoncer à envoyer leurs enfants en vacances collectives, comme en témoigne Karim, père d’une fille de huit ans ayant déjà participé à un séjour l’année précédente. « Ce n’est pas facile, on y pense, on appréhende, mais si je peux éviter, j’éviterai », confie-t-il.
EN BREF
- Les parents expriment une forte appréhension face aux colonies de vacances.
- Une baisse des inscriptions de 5% est constatée pour l’été 2026.
- Les préoccupations financières semblent également jouer un rôle majeur.
Les craintes des parents ne se limitent pas à des cas isolés. D’autres témoignent d’une vigilance accrue concernant l’encadrement des enfants lors des séjours. « Je pense qu’il y a des gens qui ne sont pas habilités et qui n’ont pas les façons de faire avec des enfants », déclare un Parisien à RMC Story. Une opinion que partage un autre parent, soulignant l’importance d’une politique de sécurité stricte au sein des colonies.
Cette anxiété n’est pas nouvelle. Selon l’Observatoire des vacances des enfants, un baromètre publié le 15 juin indique que la sécurité des enfants est le principal motif de renoncement à des séjours collectifs pour un quart des parents interrogés. Ce chiffre reste stable par rapport à 2023, mais pour l’été 2026, les mairies constatent une inquiétude croissante. Antoine Jouenne, co-président de la commission éducation de l’Association des maires de France, note que les questions formulées par les parents sont de plus en plus précises, notamment sur le processus de recrutement des animateurs.
Les municipalités rassurent les familles en précisant que le casier judiciaire de chaque animateur est rigoureusement vérifié. De plus, une plateforme gouvernementale permet de s’assurer qu’aucun signalement n’a été fait à l’encontre d’un animateur dans d’autres structures, même en l’absence de plainte ou d’enquête judiciaire.
Du côté des organismes privés de colonies de vacances, les retours sont similaires. Une baisse d’environ 5% des inscriptions a été constatée par rapport à l’année précédente. Cependant, Agnès Bathiany, directrice de la fédération des PEP, assure que cette tendance s’explique principalement par des raisons économiques. « Ce n’est pas la sécurité qui freine les parents, ce sont vraiment les questions financières », précise-t-elle.
Les inspections des colonies de vacances sont également rigoureuses. Le nombre minimum d’encadrants disposant d’un Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa) est scruté de près. Ce brevet inclut depuis peu un module spécifique sur la prévention des violences sexistes et sexuelles, renforçant ainsi les mesures de sécurité.
Frédéric Rolin, président de ResoColo, un réseau de professionnels des colonies de vacances, souligne l’importance du principe de précaution. « Au moindre doute, la personne ne part pas (en colo), et il faut se fier à son instinct », insiste-t-il. Ainsi, en cas de suspicion, l’animateur en question est écarté, garantissant une sécurité optimale pour les enfants.
Les colonies de vacances doivent donc composer avec ces inquiétudes croissantes tout en s’efforçant de rassurer les parents. La transparence et la rigueur dans le choix des encadrants seront essentielles pour rétablir la confiance et permettre aux enfants de profiter pleinement de leurs séjours d’été.