En médecine traditionnelle, le foie est souvent perçu comme un organe central, comparable à un général dirigeant les fonctions vitales de l’organisme. Pourtant, des idées reçues entourent cet organe, notamment celles véhiculées par des thérapies à base de plantes ou de produits « naturels ». Dans ce contexte, la Société française d’hépatologie a décidé de faire le point sur l’efficacité réelle des cures détox.
EN BREF
- Les cures détox n’ont pas d’efficacité prouvée sur la santé du foie.
- Le foie élimine naturellement les toxines sans besoin de purges.
- Les symptômes liés à un foie malade nécessitent un suivi médical adéquat.
Face à la multitude de promesses entourant les cures détox — jus purifiants, pilules miracles, et autres remèdes « drainants » — des professionnels de santé, comme la médecin hépatologiste Pauline Guillouche, s’expriment pour dénoncer ces pratiques. Sur son compte Instagram, elle affirme que « non, le foie n’a pas besoin d’être ‘nettoyé' ». Cette déclaration est soutenue par des études scientifiques qui montrent que le foie, organiquement, est parfaitement capable d’éliminer les substances nocives.
Le Dr Antonin Leclercq, médecin nutritionniste à Nice, précise que le foie opère par trois phases biologiques : la modification des toxines, leur conjugaison avec des molécules comme le glutathion, puis leur élimination par la bile ou l’urine. En d’autres termes, le corps humain réalise ce travail de filtration sans l’aide de cures externes.
La British Dietetic Association (BDA), qui regroupe les diététiciens au Royaume-Uni, va dans le même sens. Selon elle, les cures détox sont basées sur des allégations qui manquent de fondement scientifique, et leurs bénéfices sont, par conséquent, largement exagérés. « Aucune pilule, tisane ou jus ne fait mieux que ce que votre organisme accomplit naturellement chaque jour », déclare la BDA.
Pauline Guillouche témoigne de son exaspération face à cette désinformation : « En tant que médecin, ça me rend folle de voir le nombre de personnes qui culpabilisent ou dépensent des fortunes dans des produits inutiles », révèle-t-elle. Elle souligne également que les troubles digestifs, la fatigue ou les ballonnements ne doivent pas être traités par une cure détox, mais plutôt par un dialogue avec un professionnel de santé.
La Société française d’hépatologie met en avant que certains symptômes peuvent alerter sur une mauvaise santé du foie. Bien que ces signes ne soient pas spécifiques, des éléments comme une fatigue persistante, des douleurs abdominales, ou une coloration jaunâtre de la peau peuvent nécessiter une consultation médicale. La notion de « crise de foie », souvent utilisée, ne reflète pas un dysfonctionnement hépatique, mais plutôt une réaction à une alimentation trop riche.
Les atteintes hépatiques se divisent en deux catégories : l’hépatite aiguë, généralement réversible en moins de six mois, et l’hépatite chronique, qui peut entraîner des lésions graves telles que la cirrhose. Bien que le foie possède une remarquable capacité de régénération, cette dernière est conditionnée par l’absence de dommages prolongés ou sévères. Les véritables menaces pour cet organe incluent les virus, l’alcool, certaines médications, ou des maladies héréditaires.
En conclusion, la Société française d’hépatologie avertit que les traitements à base de plantes ou de produits naturels n’ont pas montré leur efficacité, et pourraient même avoir des effets néfastes sur la santé hépatique. Dans ce contexte, le suivi médical s’avère essentiel pour toute préoccupation liée à la santé du foie.