Pratiquer une activité sportive est souvent synonyme de bien-être et de santé. Toutefois, cette quête de performance peut parfois franchir une limite, entraînant des comportements problématiques. Le Dr Hugo Baup, médecin psychiatre, s’est penché sur ce phénomène qui touche de plus en plus d’individus : l’addiction au sport.
EN BREF
- Le Dr Hugo Baup met en avant les signes d’addiction au sport.
- L’évaluation doit se faire au cas par cas avec un professionnel.
- Le ministère des Sports recommande des activités physiques adaptées.
La passion pour le sport peut se transformer en une obsession. Le Dr Baup explique que les personnes concernées peuvent ressentir des pensées obsédantes, une perte de contrôle et un besoin pressant de s’entraîner, même au détriment de leur santé. « Vous vous entraînez blessé, vous forcez, et vous prenez des risques inconsidérés pour obtenir votre dose », souligne-t-il.
Mais où se situe la frontière entre passion et addiction ? Selon le Dr Baup, cette question devient de plus en plus pertinente à mesure que la recherche sur le sujet progresse. De nombreux auteurs s’accordent à dire qu’il existe bel et bien une addiction au sport, similaire à celle que l’on observe avec l’alcool ou le tabac.
Les personnes touchées par cette addiction peuvent commencer par des courses de 10 km, avant de se tourner vers des événements plus exigeants comme les marathons ou les trails. « On a l’impression de ne jamais s’arrêter », précise-t-il. Ce phénomène de tolérance est un des indicateurs clés d’une addiction, tout comme les conséquences sur la vie sociale et familiale.
Par ailleurs, le Dr Baup fait remarquer que, contrairement aux addictions à l’alcool ou aux drogues, le sport est nécessaire pour maintenir une bonne santé. « Le plaisir vient après l’effort », explique-t-il, ce qui rend l’évaluation du phénomène encore plus complexe. Il insiste sur l’importance d’une approche personnalisée, nécessitant l’intervention d’un professionnel de la santé pour évaluer le degré d’addiction.
Le ministère des Sports, pour sa part, recommande aux adultes de pratiquer au moins 150 minutes d’activité modérée par semaine, soit 30 minutes de marche rapide cinq jours par semaine, ou 75 minutes d’activités intenses. À cela, il faudrait ajouter deux séances hebdomadaires de renforcement musculaire.
Il est crucial de maintenir une activité physique régulière tout en évitant la sédentarité, qui expose à divers risques pour la santé, tels que les maladies cardiovasculaires, le diabète ou la dépression. En période de fortes chaleurs, il est cependant recommandé de modérer l’intensité des entraînements. « Si vous ressentez une difficulté inhabituelle à l’effort, cela doit vous conduire à interrompre votre séance », avertit le ministère.
En somme, bien que le sport soit bénéfique pour la santé, il est essentiel de rester vigilant face aux signes d’addiction. Le dialogue avec un professionnel peut aider à établir un équilibre entre passion et santé, permettant ainsi de profiter pleinement des bienfaits de l’activité physique sans en subir les effets négatifs.