Les faux vélos électriques : un fléau sur les routes françaises à 45 km/h

Les routes françaises vivent une nouvelle tendance inquiétante avec l’apparition des faux vélos à assistance électrique, communément appelés fatbikes. Bien que certains d’entre eux soient légaux et adaptés à des usages spécifiques, un nombre alarmant de ces véhicules, estimé entre 40 000 et 50 000, circulent illégalement, mettant en danger les usagers de la route.

EN BREF

  • Entre 40 000 et 50 000 faux vélos circulent sur les routes françaises.
  • De nombreux modèles dépassent les limites légales de vitesse et de puissance.
  • Les contrôles des forces de l’ordre restent insuffisants face à cette situation.

Les fatbikes, qui ont rapidement gagné en popularité parmi les cyclistes, se révèlent souvent être des véhicules dangereux. Comme le souligne Étienne Demur, co-président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), « l’assistance électrique ne doit assister que le pédalage ». Pourtant, de nombreux utilisateurs abusent de cette technologie, utilisant des gâchettes pour propulser leur véhicule sans pédaler, ce qui les classe en tant que faux vélos.

Le ministère des Transports a qualifié ces engins de « speedbikes », qui peuvent être légaux à condition d’être homologués, immatriculés, et que le conducteur dispose d’un permis et d’une assurance. De plus, le port du casque y est obligatoire, et l’accès aux pistes cyclables leur est interdit. Malheureusement, de nombreux vélocistes profitent du flou réglementaire pour vendre des modèles qui ne respectent pas ces normes.

La réglementation stipule qu’un vélo à assistance électrique (VAE) ne doit pas dépasser une puissance de 250 watts et que l’assistance doit s’arrêter lorsque le cycliste atteint 25 km/h. Or, sur le terrain, il n’est pas rare de croiser des faux vélos atteignant 45 km/h, ce qui les rapproche des performances d’un scooter. Cette situation soulève de sérieuses inquiétudes quant à la sécurité des usagers de la route.

Patrick Guinard, président de la commission cycle de l’Union sport et cycle, met en avant les dangers que ces faux vélos représentent non seulement pour leurs conducteurs, qui circulent souvent avec des dispositifs de freinage inadaptés, mais également pour les autres usagers, notamment les piétons et les cyclistes vulnérables. « Ils violentent la route », affirme-t-il, rappelant que ces véhicules peuvent provoquer de graves accidents.

La vente de ces faux vélos, souvent moins chers que les VAE conformes, constitue une véritable concurrence déloyale pour les fabricants respectant la réglementation. Face à cette situation, les autorités ont pris conscience de l’urgence d’agir. Des campagnes d’information sont mises en place pour sensibiliser le public, mais les contrôles restent lacunaires.

Les derniers mois ont vu une intensification des opérations de contrôle, avec plusieurs saisies de faux vélos. Cependant, les associations comme la FUB et l’Union sport et cycle estiment que les efforts déployés par les forces de l’ordre sont encore insuffisants. Patrick Guinard souligne que les agents sont souvent débordés par d’autres priorités, rendant difficile une surveillance efficace de ces infractions.

Dans un contexte où la réglementation est complexe et mal comprise, il est crucial de renforcer les contrôles, notamment auprès des vendeurs de véhicules non conformes. Actuellement, 125 marques ont été signalées pour leurs pratiques douteuses. La présence de véhicules pouvant atteindre 45 km/h sur les pistes cyclables représente un véritable danger, en particulier pour les enfants et les cyclistes moins expérimentés.

La question demeure : faut-il attendre un accident tragique pour que des mesures plus strictes soient mises en place ? Les acteurs du secteur appellent à une prise de conscience collective et à une action rapide pour éviter que cette situation ne dégénère davantage.