La Colombie a connu un bouleversement politique majeur avec l’élection d’Abelardo de la Espriella, un avocat antisystème soutenu par Donald Trump. Ce dernier a remporté le second tour de l’élection présidentielle, dimanche 21 juin, avec une avance très serrée par rapport à son rival de gauche, Ivan Cepeda. Cette victoire marque un virage à droite pour le pays, qui se retrouve désormais sous la direction d’un homme d’affaires novice en politique, mais porteur de promesses de sécurité et de lutte contre le narcotrafic.
EN BREF
- Abelardo de la Espriella remporte l’élection présidentielle en Colombie.
- Promesse d’une politique de sécurité renforcée contre le narcotrafic.
- Des manifestations ont eu lieu suite aux résultats électoraux contestés.
Selon les résultats préliminaires, De la Espriella a obtenu 49,65 % des voix, contre 48,70 % pour Ivan Cepeda, un écart qui semble difficile à combler. Lors de sa victoire, le nouvel élu a exprimé sa gratitude tout en soulignant la responsabilité qui l’attend. Il a déclaré : « Aujourd’hui commence une nouvelle étape pour notre pays » et a promis de mener une lutte acharnée contre les groupes armés liés au trafic de drogue.
Les partisans de De la Espriella, arborant des maillots jaunes de l’équipe nationale de football, ont célébré sa victoire dans les rues de plusieurs villes. Enthousiastes, ils ont exprimé l’espoir que ce président, surnommé « le Tigre », saura restaurer la sécurité, particulièrement après une campagne marquée par des violences, dont des attentats à la bombe de la guérilla et l’assassinat d’un candidat à la présidentielle.
En revanche, des milliers de manifestants mécontents de l’élection se sont également mobilisés, notamment à Cali, où des affrontements avec la police ont eu lieu. Certains manifestants ont même brûlé des drapeaux américains et utilisé des projectiles contre les forces de l’ordre, qui ont réagi avec des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.
Ivan Cepeda, le candidat de gauche, a refusé d’accepter la défaite. Il a annoncé son intention de contester les résultats de 33 000 bureaux de vote et a appelé à une vérification approfondie avant de reconnaître le résultat officiel. Ce philosophe et défenseur des droits de l’Homme de 63 ans bénéficie d’un soutien notable parmi les classes populaires, qui ont vu des améliorations sous la présidence de Gustavo Petro, le premier président de gauche du pays.
La montée en puissance d’Abelardo de la Espriella s’inscrit dans un contexte où de nombreux pays d’Amérique latine, comme l’Argentine, le Chili ou l’Équateur, ont également connu un recentrage vers la droite. Toutefois, son mandat pourrait être entravé par l’absence d’une majorité parlementaire, ce qui pourrait compliquer la mise en œuvre de ses politiques.
La Colombie, historiquement marquée par des luttes internes et une forte inégalité sociale, se trouve à un tournant. Les promesses de sécurité et de fermeté face aux narcotrafiquants seront scrutées de près par la population, qui espère des changements tangibles après une période d’incertitude politique.