Le traitement hormonal de la ménopause (THM) retrouve sa place dans le parcours de santé des femmes. Après avoir été largement décrié suite à des controverses sur ses risques, notamment en termes de cancer, son utilisation est de nouveau en augmentation en France. Une étude récente met en lumière ce retour en force, révélant que près de 500 000 femmes âgées de 45 à 60 ans ont recours à ce traitement.
EN BREF
- Plus de 500 000 femmes en France utilisent un traitement hormonal pour la ménopause.
- Une étude révèle une augmentation de l’utilisation depuis 2022 après une décennie de baisse.
- Les experts insistent sur la nécessité d’une évaluation médicale personnalisée avant toute prescription.
Cette tendance se manifeste dans un contexte où la ménopause impacte chaque année des milliers de femmes. Les symptômes tels que les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil et les douleurs articulaires peuvent gravement affecter leur qualité de vie. Cependant, il est crucial de rappeler que le THM ne convient pas à toutes et doit être prescrit après une évaluation médicale approfondie.
Un traitement aux bénéfices mesurés
Le traitement hormonal de la ménopause vise principalement à compenser la baisse naturelle des hormones féminines, en particulier les œstrogènes, parfois associés à un progestatif. Son efficacité se traduit par une réduction des symptômes gênants et, dans certains cas, par une protection de la santé osseuse. Cependant, la prudence est de mise, car une étude américaine de 2002 avait soulevé des inquiétudes quant à des risques accrus de cancer du sein et de maladies cardiovasculaires liés à ces traitements.
Depuis, des recherches ont nuancé ces résultats, en indiquant que les femmes participant à l’étude étaient plus âgées que celles qui entament généralement un THM. Les données d’Epi-Phare, un groupement associant l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et l’Assurance Maladie, montrent que, après une décennie de baisse, l’utilisation de ces traitements a commencé à augmenter à partir de 2022. En 2025, environ 4,4 % des femmes de 45 à 60 ans étaient sous traitement hormonal.
Les nouvelles pratiques médicales
Cette évolution s’explique par un changement dans la perception des rapports bénéfices-risques. Les sociétés savantes s’accordent à dire que, lorsqu’il est prescrit correctement, généralement chez des femmes récemment ménopausées, et sans contre-indications, le traitement hormonal peut considérablement améliorer la qualité de vie. En 2025, la Haute Autorité de santé a validé son utilisation pour certaines femmes présentant un risque élevé d’ostéoporose.
Il est essentiel d’aborder la ménopause avec une approche personnalisée. Les recommandations actuelles ne visent plus à prescrire systématiquement un traitement hormonal, mais plutôt à évaluer les bénéfices attendus et les risques spécifiques à chaque patiente. Cette nouvelle stratégie permet de sélectionner les femmes qui peuvent réellement bénéficier de ce traitement, sans pour autant relâcher la vigilance.
En conclusion, le traitement hormonal de la ménopause, loin d’être un remède universel, doit être envisagé avec prudence et discernement. Les prochaines études sur ses effets à long terme sur la santé cardiovasculaire, osseuse et cancérologique seront déterminantes pour orienter les pratiques futures et garantir une prise en charge optimale des femmes en ménopause.