En France, la problématique du gaspillage de médicaments demeure préoccupante. En 2024, pas moins de 7 675 tonnes de médicaments non utilisés ont été collectées et incinérées. Bien que ce volume soit en baisse par rapport aux années précédentes, il reste considérable. Ce phénomène, qui génère des coûts importants pour la collectivité, soulève également des questions environnementales. Pour mieux appréhender cette situation, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l’Assurance maladie, en collaboration avec l’association Cyclamed, ont réalisé une étude inédite intitulée PERIMED, dont les résultats ont été publiés le 24 juin 2026.
EN BREF
- 7 675 tonnes de médicaments non utilisés ont été détruites en 2024.
- 40 % des boîtes rapportées ne sont pas périmées.
- Le gaspillage représente un coût de 517 millions d’euros par an pour la société.
Cette étude permet d’établir un portrait détaillé des médicaments non utilisés et d’analyser les raisons qui poussent les patients à ne pas utiliser les traitements prescrits. Les résultats mettent en lumière l’ampleur du gaspillage de médicaments en France.
Les catégories de médicaments les plus gaspillées
Il est intéressant de noter que la majorité des médicaments rapportés par les patients appartiennent à quelques grandes catégories. En effet, les traitements respiratoires, digestifs, neurologiques et cardiovasculaires représentent à eux seuls 80 % des retours. Parmi les médicaments les plus fréquemment retrouvés, on constate une forte présence de ceux destinés aux pathologies chroniques.
Un autre fait marquant de l’étude est que quatre boîtes sur dix de médicaments rapportés ne sont même pas périmées. Selon l’ANSM et l’Assurance maladie, cette situation témoigne d’un suivi des recommandations visant à rapporter les médicaments encore valides à la fin d’un traitement, plutôt que de les conserver indéfiniment. Toutefois, cela révèle aussi une marge de progression significative, notamment en ce qui concerne les conditionnements, pour éviter la destruction de produits encore utilisables.
Les raisons derrière le non-usage des médicaments
Les causes du non-usage des médicaments sont variées et complexes. L’étude avance plusieurs raisons pour expliquer ce gaspillage. Parmi celles-ci, on retrouve des problèmes de communication entre les professionnels de santé et les patients, ainsi qu’un manque de compréhension des traitements prescrits.
Le gaspillage de médicaments entraîne un impact financier considérable. Selon les estimations de l’étude, 517 millions d’euros par an sont remboursés pour des médicaments finalement non utilisés, dont une grande partie pourrait encore être consommée. Ce coût, ajouté à celui de la production de médicaments qui génère plus de 9 millions de tonnes de CO2 chaque année en France, pose la question de la durabilité de notre système de santé.
Vers des solutions concrètes
Face à ce constat alarmant, plusieurs solutions sont à l’étude. Les professionnels de santé jouent un rôle clé dans cette problématique. Ils doivent adapter leurs prescriptions et accompagner les patients dans un usage approprié des traitements. Une meilleure information et éducation des patients pourrait également contribuer à réduire ce gaspillage.
Des initiatives visant à sensibiliser les consommateurs à l’importance de retourner les médicaments non utilisés sont également envisagées. En adoptant une approche proactive, il est possible de réduire le gaspillage et d’optimiser les ressources de notre système de santé.
En somme, la lutte contre le gaspillage de médicaments nécessite une mobilisation collective. L’engagement des professionnels de santé, des patients et des institutions est essentiel pour transformer cette situation et préserver à la fois la santé publique et l’environnement.