Laurent Wauquiez renonce à la présidentielle 2027 et prône le rassemblement

Dans un entretien accordé au Figaro, le président du groupe Droite républicaine à l’Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, a annoncé qu’il ne se portera pas candidat à l’élection présidentielle de 2027. Son intention est désormais de peser sur le choix du candidat de la droite et du centre, qu’il souhaite voir émerger d’un véritable « rassemblement ».

EN BREF

  • Laurent Wauquiez renonce à candidater à la présidentielle de 2027.
  • Il appelle à un « programme commun » pour la droite et le centre.
  • Ses critiques se portent particulièrement sur Bruno Retailleau, jugé peu compétitif.

Wauquiez, ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, se positionne comme un « guerrier du rassemblement ». Il ne souhaite pas se rallier immédiatement à l’un des trois principaux candidats de la droite : Édouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance) ou Bruno Retailleau (Les Républicains). « J’ai fait le choix de ne pas soutenir un candidat qui ne serait pas celui du rassemblement. C’est une question éthique », déclare-t-il au Figaro, soulignant ainsi la nécessité d’union au sein de la droite.

Son absence à des meetings récents, notamment celui de Bruno Retailleau fin juin et celui d’Édouard Philippe prévu dimanche, témoigne de sa volonté de ne pas s’engager sans un projet commun. Wauquiez pose comme condition à son soutien l’élaboration d’un « programme commun », centré sur des thèmes tels que la fin de « l’assistanat », le rétablissement de l’autorité, et des mesures contre l’immigration, l’insécurité et les dépenses publiques.

Quant à Édouard Philippe, il le considère comme un candidat capable d’incarner « l’ordre et le sérieux » nécessaires pour redresser le pays, à condition qu’il s’affranchisse totalement de l’héritage macroniste. En ce qui concerne Gabriel Attal, Wauquiez reconnaît son bilan positif au ministère de l’Éducation nationale et se dit prêt à dialoguer, malgré les origines socialistes de l’ancien ministre.

Les critiques de Wauquiez se concentrent principalement sur Bruno Retailleau. Il indique que « la réalité, c’est que le candidat LR est en dessous de 10% ». Cette situation l’inquiète, car il craint qu’une candidature LR maintenue jusqu’au bout n’élimine le seul candidat de droite et du centre. Il redoute également que cela n’ouvre la voie à une qualification de Jean-Luc Mélenchon face au Rassemblement national au second tour. « Jamais de la vie je ne participerai à cela », prévient-il, tout en fixant à l’automne une échéance pour que la « logique du rassemblement » s’impose.

Pour justifier sa vision, Laurent Wauquiez met en avant les résultats de son ancienne majorité régionale. Il souligne que 75 % des communes de plus de 4 000 habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes sont désormais à droite. Des villes comme Clermont-Ferrand, qui était sous domination de la gauche depuis un siècle, ou Annecy, ont basculé lors des dernières élections municipales.

Le sort judiciaire de Marine Le Pen, dont la décision est attendue le 7 juillet, occupe également ses pensées. Selon Wauquiez, le candidat du Rassemblement national accédera de toute façon au second tour. Pour lui, il est crucial que la droite travaille à disqualifier Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour, afin de préserver une chance de victoire pour la droite lors de l’élection présidentielle.