Près d’un mois après le tragique décès de Lyhanna, une nouvelle étape judiciaire a été franchie. La mère d’une autre victime présumée, Audrey, a décidé de porter plainte contre Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui ». Cette démarche s’inscrit dans un contexte où l’indignation grandit au sein de la population face à l’inaction des autorités.
EN BREF
- Une mère porte plainte contre Gérald Darmanin après la mort de sa fille.
- Le corps de Lyhanna a été retrouvé le 4 juin 2026, un mois après sa disparition.
- Des défaillances dans le suivi des plaintes contre Jérôme Barella sont dénoncées.
La disparition de Lyhanna, jeune fille de 12 ans, a profondément choqué la France. Après avoir été aperçue pour la dernière fois le 29 mai, à la sortie de son collège à Fleurance, son corps a été retrouvé le 4 juin dans une installation agricole désaffectée à Puycasquier, à 15 kilomètres de son domicile. Cette découverte a suscité un émoi national, mettant en lumière les défaillances du système judiciaire.
Les enquêteurs se sont rapidement tournés vers Jérôme Barella, un homme de 40 ans, qui n’était pas étranger aux services de police. Il avait déjà été signalé pour des comportements inappropriés envers des mineures et avait même fait l’objet de plusieurs plaintes pour viol sur mineur entre 2022 et 2025. Malgré ces antécédents, il n’avait jamais été convoqué par la justice, suscitant ainsi l’incompréhension et la colère des familles concernées.
Audrey, la mère d’une des victimes présumées, Rosa, est particulièrement affectée par cette tragédie. Elle avait tenté d’alerter les autorités l’été dernier, après que sa fille lui ait confié avoir subi de multiples agressions de la part de Barella. Malgré ses démarches répétées, y compris des visites à la gendarmerie, ses préoccupations n’avaient pas été prises au sérieux. Au contraire, elle avait été menacée de plainte pour harcèlement par les militaires alors qu’elle cherchait des informations.
Face à cette situation, Audrey a décidé de porter plainte contre Gérald Darmanin, qu’elle accuse de « mise en danger délibérée de la vie d’autrui » et de « non-assistance à personne en danger ». Son avocat, Me Pierre Debuisson, a confirmé que la procédure a été transmise à la Cour de justice de la République, seule instance compétente pour juger les membres du gouvernement pour des actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions.
Audrey estime que des « défaillances de suivi, de coordination et de pilotage » au sein du parquet d’Auch et de la gendarmerie de Condom ont contribué à cette tragédie. Selon elle, si Jérôme Barella avait été correctement pris en charge par les autorités, la mort de Lyhanna aurait pu être évitée. Depuis le décès de la jeune fille, elle a régulièrement exprimé son désespoir face à l’absence de réponses des services concernés, déclarant ne plus recevoir « aucune nouvelle » sur l’avancement de la procédure.
Gérald Darmanin a, quant à lui, reconnu « un terrible échec de l’État et de la justice » lors d’une conférence de presse. Néanmoins, il a rejeté toute idée de démission, affirmant que les défaillances résidaient dans la gestion des affaires judiciaires et non dans les instructions du ministère. Cette position a suscité des critiques, notamment de la part des familles de victimes.
En réponse à ces accusations, Gérald Darmanin a affirmé sa volonté de « sanctionner à la hauteur des défaillances graves » observées, notamment au sein du parquet d’Auch, qui n’a pas jugé nécessaire de convoquer Jérôme Barella. Cette affaire met en lumière des problématiques plus larges concernant le traitement des plaintes pour violences sexuelles et la protection des mineurs.
Les événements récents soulèvent des questions cruciales sur la responsabilité des autorités et le fonctionnement du système judiciaire. La douleur des familles, déjà éprouvées par des tragédies, est exacerbée par le sentiment d’abandon et d’inefficacité des services censés protéger les citoyens. L’issue de cette plainte pourrait avoir des répercussions significatives sur la manière dont le système judiciaire traite les cas de violences envers les mineurs.