À la suite de l’alerte rouge canicule de fin juin et des fortes chaleurs qui se profilent pour le premier week-end de juillet, de nombreux Français font évoluer leurs projets de vacances. En effet, la recherche de logements climatisés a considérablement augmenté, témoignant d’un changement de mentalité face à la montée des températures.
EN BREF
- Les recherches de logements avec climatisation ont triplé sur Booking.com.
- Les destinations comme Dieppe et Trouville-sur-Mer connaissent une forte augmentation des réservations.
- 77% des Français prennent en compte le risque climatique dans leurs choix immobiliers.
Selon les données de Booking.com, la part des recherches de logements avec climatisation a triplé, tandis que celles pour les logements avec piscine extérieure ont vu une hausse de plus de 85 % depuis la semaine dernière. Ce changement d’orientation se traduit également par un intérêt accru pour des destinations moins exposées à la chaleur, telles que Dieppe et Trouville-sur-Mer, où les réservations ont plus que doublé.
Bien que la Bretagne ait également été touchée par des vagues de chaleur, des vacanciers comme Christelle estiment que le risque y est moins élevé comparé au sud-ouest, où elle avait initialement prévu de se rendre en août. Les choix se font également en fonction du budget, Christelle ayant trouvé un appartement en Bretagne pour 1 000 euros pour 15 jours, contre plus de 1 500 euros dans le sud-ouest.
Les réservations pour le sud de la France progressent moins rapidement, même si le littoral demeure une destination prisée. En Dordogne, David Rosse, responsable de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie), indique que le taux d’occupation est en baisse de 5 % pour le moment. Cependant, il souligne que les réservations de dernière minute pourraient compenser cette baisse, bien que la tendance générale semble se diriger vers des choix de destinations plus fraîches.
Le besoin de s’adapter à la chaleur ne se limite pas seulement aux vacances. Caroline, par exemple, a décidé de changer de logement après avoir passé des nuits difficiles dans son appartement du centre-ville de Nantes. Elle a trouvé une nouvelle location en une semaine, privilégiant des logements moins exposés au soleil et sur un étage moins élevé. « Nous appréhendons vraiment la prochaine vague de chaleur, mais cela semble être un soulagement », confie-t-elle.
Les préoccupations liées au climat influencent également les décisions d’achat immobilier. Une étude menée par Orpi révèle que 77 % des répondants prennent en compte le risque climatique avant d’acheter un bien, un chiffre qui atteint 80 % dans le sud-est et dans les villes littorales menacées par la submersion. Cette prise de conscience croissante fait désormais partie intégrante des choix de vie des Français.
Les changements de région pour fuir la chaleur prennent cependant du temps. La présidente de PAP (Particulier à Particulier) souligne que la génération des 50-60 ans pourrait jouer un rôle clé dans cette évolution. Ce groupe, qui envisage son lieu de retraite, pourrait opter pour des régions plus tempérées, en raison de la sensibilité accrue à la chaleur que l’âge entraîne. « Il est probable qu’une partie de cette génération choisisse des destinations plus fraîches pour leur retraite », explique-t-elle.
Actuellement, le sud-est, bien que plus exposé aux canicules, est aussi mieux équipé pour y faire face. La situation met en lumière une adaptation nécessaire des Français face aux réalités climatiques croissantes et à l’imminence de la chaleur estivale.