Une proposition audacieuse fait débat dans le monde de la sécurité routière. François Sauvadet, président des départements de France et également président de l’UDI de la Côte d’Or, a suggéré de supprimer les sanctions pour les excès de vitesse de moins de 10 km/h. Une idée qui vise à alléger la pression sur les automobilistes, tout en répondant aux critiques concernant la multiplication des limitations de vitesse.
EN BREF
- François Sauvadet propose d’abolir les sanctions pour les excès de vitesse inférieurs à 10 km/h.
- La mesure pourrait alléger la pression sur les automobilistes face aux limitations de vitesse changeantes.
- Les avis sont partagés entre la nécessité de la sécurité routière et la critique du laxisme.
Cette initiative survient après que, depuis le 1er janvier 2024, les excès de vitesse de moins de 5 km/h ne soient plus sanctionnés par un retrait de points, mais seulement par une amende de 135 euros. François Sauvadet estime que les abus liés aux excès de vitesse de moins de 10 km/h ne contribuent pas de manière significative à l’accidentologie, ces infractions représentant 80 % des contraventions issues des radars.
Une réponse aux frustrations des automobilistes
François Sauvadet désire également donner suite à la colère des conducteurs, souvent frustrés par les changements fréquents de limitations de vitesse. Selon une étude réalisée par la société Coyote, un automobiliste peut faire face à une moyenne de 17 changements de vitesse sur une distance de 100 km, ce qui complique la tâche de respecter les régulations en vigueur.
Les réactions à cette proposition sont diverses. Lors d’une émission sur RMC, la sophrologue Laura Warton-Martinez a exprimé son désaccord : « Il ne faut pas faire de laxisme, il faut de la sécurité routière et ça va contre les statistiques qui montrent que la mortalité baisse ». Son point de vue met en avant l’importance de maintenir des mesures strictes pour préserver la sécurité sur les routes.
Des avis divergents parmi les automobilistes
À l’inverse, l’éducateur Abel Boyi a défendu la proposition de Sauvadet, estimant que l’impression d’être « pillé » par les radars est partagée par de nombreux conducteurs. Pour lui, un excès de vitesse de 10 km/h ne devrait pas entraîner une sanction sévère, car cela ne devrait pas augmenter le risque d’accidents.
Hervé, un autre automobiliste interrogé, a suggéré de réduire l’amende pour les petits excès à 50 euros, tout en dénonçant les changements fréquents de limitations. Il a partagé son expérience : « Entre Châteaudun et Vendôme, c’est une grande départementale toute droite, et comme on change de département, on passe de 90 à 80 et derrière il y a un radar. Je ne vois pas l’intérêt pour la sécurité routière de ce radar ».
Pierre Chasseray, délégué général de l’association « 40 millions d’automobilistes », a également critiqué la gestion des limitations et a souligné que les autorités se concentrent trop sur la vitesse, négligeant d’autres facteurs de sécurité routière. « En France, que vous soyez 6 km/h au-dessus de la limitation de vitesse ou 20, c’est la même sanction! », a-t-il plaidé.
Il a également mis en lumière d’autres causes d’accidents, telles que les refus de priorité, qui représentent 16 % des accidents mortels. Pour Chasseray, il est essentiel de considérer l’ensemble des comportements sur la route pour améliorer la sécurité de tous.
Le débat sur la réforme des sanctions liées aux excès de vitesse est loin d’être clos. Les opinions divergent, et la question de l’équilibre entre sécurité routière et compréhension des automobilistes reste ouverte. Une chose est certaine, la route vers une réglementation plus claire et juste est encore semée d’embûches.