Dans une interview diffusée le 5 juillet sur LCI, Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, a partagé ses impressions sur sa rencontre tendue avec le président Emmanuel Macron. Cette discussion, marquée par des tensions évidentes, révèle les divergences politiques entre les deux hommes.
EN BREF
- Bally Bagayoko a discuté de sa rencontre difficile avec Emmanuel Macron.
- Le maire a retourné le portrait de Macron dans son bureau, provoquant des tensions.
- Il défend son droit d’analyse face aux critiques sur ses prises de parole.
Depuis son élection lors du premier tour des municipales de Saint-Denis en mars dernier, Bally Bagayoko, membre de La France Insoumise, a souvent pris des positions qui ne passent pas inaperçues. Son interview avec Darius Rochebin a mis en lumière des relations déjà délicates avec le président de la République.
Un symbole fort de cette tension est le portrait d’Emmanuel Macron, que Bagayoko a décidé de retourner dans son bureau. Malgré les remontrances du préfet de la Seine-Saint-Denis, il a affirmé que le tableau resterait « décroché », remplaçant même le portrait du président par celui de Fally Ipupa, un artiste congolais. Cette attitude a suscité des réactions, notamment de la part de Macron lui-même.
Le maire de Saint-Denis a décrit leur rencontre au Stade de France comme étant particulièrement crispée. Il a partagé une phrase prononcée par le président : « Monsieur Bagayoko, ça ne va pas le faire. Soit vous êtes maire et nous allons travailler ensemble. Soit vous êtes un influenceur, auquel cas on ne travaillera pas ensemble. » Une mise en garde qui n’a pas impressionné Bagayoko. En réponse, il a déclaré : « Vos propos ne sont pas dignes d’un président de la République. Vous avez affaire au maire de Saint-Denis, président de plein de communes, donc on travaillera ensemble. »
Bagayoko a souligné que l’échange n’était pas dans l’esprit d’une collaboration constructive. Il a ironisé sur le fait que le président avait sûrement une journée chargée, ce qui aurait pu expliquer le ton de leurs échanges.
Le maire de Saint-Denis ne se limite pas à des tensions avec Macron. Peu avant le premier match de l’Équipe de France à la Coupe du Monde 2026, il avait suscité la controverse en déclarant qu’il considérait le sifflement de la Marseillaise comme un « droit à la réplique populaire » en raison des actions de la France à l’international. Ces propos ont provoqué des réactions vives, avec des critiques venant de représentants de son propre camp politique, mais aussi de l’opposition.
François Kalfon, député européen socialiste, a dénoncé ses déclarations, tandis que Jordan Bardella et Valérie Pécresse ont également exprimé leur désapprobation sur les réseaux sociaux. Face à ces critiques, Bagayoko a précisé dans un communiqué qu’il ne prônait pas le sifflement de l’hymne national, mais qu’il cherchait à analyser un phénomène social. Pour lui, comprendre les raisons derrière ces réactions n’amoindrit pas la démocratie, au contraire, cela enrichit le débat public.
Cette série d’événements illustre les tensions croissantes entre le maire de Saint-Denis et le gouvernement, mettant en lumière les défis auxquels Bagayoko est confronté dans l’exercice de ses fonctions. Alors que les élections municipales et les enjeux politiques nationaux continuent d’évoluer, la position du maire semble plus que jamais en délicatesse avec le pouvoir central.