La confiance semble vaciller autour du nouvel Air Force One, un cadeau controversé du Qatar. Lors d’un récent sommet de l’Otan en Turquie, Donald Trump a suscité de vives inquiétudes en changeant à la dernière minute d’avion pour son départ. Bien qu’il ait exprimé son enthousiasme pour ce Boeing 747 réaménagé, le président américain a finalement opté pour l’ancien modèle pour quitter le pays, laissant planer des doutes sur la sécurité de son nouvel appareil.
EN BREF
- Donald Trump change d’avion après un sommet de l’Otan, suscitant des interrogations.
- Le nouvel Air Force One, offert par le Qatar, manque de certains systèmes de défense.
- Des sénateurs s’inquiètent des implications sur la sécurité nationale.
Le nouvel appareil, qui a volé vers le Royaume-Uni sans Trump, a été présenté comme un « avion vraiment exceptionnel » par le président. Cependant, sa décision de ne pas l’utiliser pour quitter la Turquie a soulevé des questions sur la sécurité. Selon le New York Times, l’appareil ne serait pas équipé des mêmes systèmes de défense que ses prédécesseurs, ce qui pourrait le rendre vulnérable dans un contexte de tensions accrues avec l’Iran.
Des sources proches de la Maison Blanche ont indiqué que le changement d’avion avait été conseillé par le service de sécurité de Trump, en raison des récentes menaces. Les journalistes à bord de l’ancien Air Force One ont même reçu l’instruction inhabituelle de garder les stores des hublots baissés, une mesure généralement réservée aux zones de conflit.
Trump a d’abord minimisé les risques, mais plus tard, lors de son vol de retour vers Washington, il a évoqué des « tentatives d’assassinat iraniennes ». Le directeur de la communication de la Maison Blanche, Steven Cheung, a défendu le nouvel Air Force One, affirmant qu’il était « ultramoderne » et doté de protocoles de sécurité avancés pour protéger le président et son équipe.
Les détails concernant les capacités de défense du nouvel appareil restent flous. L’ancien modèle d’Air Force One est connu pour être équipé de systèmes sophistiqués tels que des brouilleurs de radars et des leurres anti-missiles. En revanche, les équipements présents sur le nouvel avion, offert par la famille royale qatarie, n’ont pas été divulgués, soulevant des inquiétudes parmi certains experts et anciens militaires.
Ce don du Qatar a été fait après que Trump s’est plaint de l’état des anciens Air Force One, en service depuis 1990. Le jet a été rapidement réaménagé par l’armée de l’air américaine, mais des compromis ont dû être faits concernant l’agencement intérieur pour permettre une mise en service rapide. L’US Air Force a précisé que « aucun risque n’a été pris » en matière de sécurité, mais que des arbitrages avaient été nécessaires.
Des sénateurs démocrates ont demandé des clarifications à l’armée de l’air concernant ces préoccupations en matière de sécurité nationale. John Teichert, un ancien officier de l’armée de l’air, a exprimé ses doutes sur la capacité du nouvel appareil à répondre aux exigences de sécurité d’un Air Force One sur mesure, soulignant que « peu importe que vous équipiez un jet qatari, il ne pourra jamais offrir les capacités défensives nécessaires ».
Ce nouvel Air Force One est destiné à être utilisé en attendant la livraison de deux nouveaux Boeing, dont l’arrivée a été retardée. Les enjeux de sécurité entourant cet appareil, ainsi que les choix qui ont conduit à son adoption, continuent de susciter des interrogations au plus haut niveau du gouvernement américain.