Dimanche 12 juillet, un incendie ravageant la forêt de Fontainebleau a causé de nombreux désagréments pour les voyageurs de la SNCF, notamment pour Tessa, qui a vécu un véritable calvaire lors de son trajet en TGV reliant Avignon à Paris. Après avoir embarqué dans son train à 19h50, elle s’est retrouvée arrêtée pendant près de six heures en pleine campagne bourguignonne.
EN BREF
- Un incendie en Seine-et-Marne a causé des retards de jusqu’à six heures sur les lignes TGV.
- Tessa, une passagère, s’interroge sur la décision de la SNCF de laisser monter les voyageurs.
- Le ministre des Transports a déclenché le plan Pégase pour gérer la situation des voyageurs bloqués.
Ce drame a touché un important poumon vert d’Île-de-France, où près de 800 hectares de forêt ont été détruits. Les feux de forêt, qui se sont déclarés dans l’après-midi, ont franchi les autoroutes A5 et A6 ainsi que la ligne TGV Paris-Lyon. Cette situation a entraîné la coupure de circulation, obligeant de nombreux trains à faire de longs détours ou à rester immobilisés pendant plusieurs heures. C’est précisément ce qui est arrivé au TGV Avignon-Paris de Tessa, qui est finalement arrivé à la gare de Lyon à 4 heures du matin, soit avec six heures de retard.
Tessa témoigne : « Je suis montée dans le TGV à 19h50. Quelques minutes avant, j’ai reçu une notification de changement de numéro de wagon et d’absence de service de restauration. Je n’en savais pas plus et je ne me suis pas inquiétée. » En prenant place dans son nouveau wagon, elle apprend que le placement est libre. « Ils ont réuni deux rames en une seule, car l’autre rame était bloquée à Paris », explique-t-elle. Cela ne lui inspire guère confiance, d’autant plus qu’elle rencontre une autre passagère qui lui fait part de l’incendie entravant la circulation des trains.
À 21h30, alors qu’ils approchent de l’heure d’arrivée, une annonce alarmante retentit dans le train : le retard est désormais de 2h45 à cause de l’incendie. La situation ne fait qu’empirer, le retard augmentant d’heure en heure. À 1h30 du matin, l’équipage annonce que l’arrivée est finalement prévue à 4 heures.
Les heures s’étirent, et dans les wagons, les passagers tentent de trouver un moment de répit. « Tout le monde était saoulé, mais résigné », raconte Tessa. Les gens dorment à même le sol, dans les escaliers, ou se recroquevillent là où ils peuvent. « N’importe quel sommeil accumulé était bon à prendre », confie-t-elle, épuisée.
Avec un deuxième train à prendre le lendemain à Montparnasse, Tessa se retrouve à devoir s’organiser après une nuit blanche. « Au moins, on avait la climatisation, mais j’avais trop froid en t-shirt et j’avais faim, vu qu’il n’y avait pas de wagon-bar. Je pense surtout à ceux qui commençaient le boulot le lendemain matin », déplore-t-elle.
Ce désastre a des conséquences financières : des milliers de voyageurs, comme Tessa, devraient être remboursés de leurs billets. La question qui taraude Tessa demeure : pourquoi la SNCF n’a-t-elle pas annulé les trains en connaissance des incendies ?
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a réagi en ordonnant la mise en place du plan Pégase, destiné à organiser l’accueil des voyageurs bloqués dans les gares. Tessa, quant à elle, a dû faire appel à un VTC à un tarif exorbitant pour se déplacer dans Paris et espère que ces frais seront couverts.
La SNCF, pour sa part, a indiqué que l’incendie avait endommagé des câbles ferroviaires. Les travaux de réparation ont été achevés, mais de nouveaux retards ont été signalés en raison d’un autre feu près de Sens, dans l’Yonne.
Cette expérience a mis en lumière les failles du système ferroviaire face à des situations d’urgence. Les passagers, comme Tessa, attendent des réponses et des responsabilités de la part de la SNCF pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent à l’avenir.