Pourquoi certaines personnes attirent-elles davantage les moustiques ?

Avec l’arrivée des journées estivales, nombreuses sont les occasions de se retrouver en extérieur. Toutefois, certains participants à ces rassemblements se retrouvent souvent avec des piqûres de moustiques. Ce phénomène soulève une question essentielle : pourquoi certaines personnes semblent-elles plus attirantes pour ces insectes ? En France, la propagation de maladies telles que la dengue ou le chikungunya accentue l’importance de ce sujet, le plaçant au cœur des enjeux de santé publique.

EN BREF

  • Une étude récente identifie des facteurs déterminants d’attractivité pour les moustiques.
  • La chaleur corporelle et l’odeur jouent un rôle clé dans l’attraction.
  • Des recommandations émergent pour mieux protéger les individus lors des piqûres.

Une étude publiée le 17 juin 2026, compilant des recherches menées en laboratoire et sur le terrain, fournit des éclairages précieux sur les signaux sensoriels qui attirent les femelles moustiques. Celles-ci détectent d’abord le dioxyde de carbone que les humains expirent, ce qui leur permet de repérer une cible humaine jusqu’à plusieurs dizaines de mètres. Ensuite, l’odeur corporelle devient un facteur de sélection à environ 10 mètres, suivie de la chaleur et de l’humidité, qui facilitent l’approche finale.

Dans cette étude, 42 femmes ont été analysées, permettant de distinguer 27 composés odorants parmi près de 1 000 émis par l’être humain. Parmi ces substances, le « 1-octen-3-ol », dérivé du sébum cutané, a été identifié comme rendant certaines personnes, notamment les femmes enceintes au deuxième trimestre, particulièrement séduisantes pour les moustiques, même à faible concentration. Par ailleurs, la consommation de bière a été associée à une augmentation de l’attractivité, en modifiant l’odeur corporelle et en élevant la température cutanée. Une étude néerlandaise a révélé que les participants ayant bu de la bière dans les 24 heures étaient 1,35 fois plus souvent piqués.

Ces découvertes permettent d’expliquer pourquoi certaines personnes semblent attirer plus les moustiques que d’autres. Bien que des facteurs comme la grossesse ou la consommation d’alcool augmentent cette attirance, cela ne garantit pas une multiplication des piqûres. Les réactions aux piqûres varient également d’un individu à l’autre. En cas de piqûre par des espèces propices à la transmission de maladies, comme le moustique tigre, une attention particulière est nécessaire pour une prévention efficace, même si aucune recommandation spécifique ne suit chaque piqûre. Pour atténuer l’inconfort, des gestes simples tels que le nettoyage de la zone piquée, l’application de froid ou l’utilisation de crèmes apaisantes sont conseillés.

Il est important de rappeler que seuls les moustiques femelles piquent, afin d’acquérir les protéines nécessaires à la production de leurs œufs. Ces insectes repèrent leurs proies grâce à une combinaison de signaux : les odeurs corporelles issues de la dégradation du sébum par des bactéries, l’émission de CO2, ainsi que la chaleur et l’humidité de la peau. Contrairement aux idées reçues, des éléments tels que le groupe sanguin ou la pigmentation de la peau ne semblent pas influencer de manière significative le comportement des moustiques.

Les avancées scientifiques dans ce domaine laissent entrevoir des recommandations plus ciblées pour la prévention des piqûres à l’avenir. Bien que des répulsifs et protections physiques existent déjà, comprendre les facteurs d’attractivité pourrait faciliter le développement de solutions sur mesure, perturbant les signaux chimiques que les moustiques détectent. Parallèlement, des conseils pratiques, comme réduire la consommation d’alcool ou opter pour des repas légers pendant les périodes à risque, demeurent des stratégies simples à adopter.