Dans une initiative sans prĂ©cĂ©dent, la commune du Lherm, situĂ©e en Haute-Garonne Ă environ 25 kilomĂštres de Toulouse, a dĂ©cidĂ© d’interdire la chasse sur ses terrains communaux. Cette dĂ©cision est le fruit d’un long combat menĂ© par le maire, FrĂ©dĂ©ric Pasian, qui a souhaitĂ© prioriser la sĂ©curitĂ© des habitants et la prĂ©servation d’un bois communal trĂšs frĂ©quentĂ©.
EN BREF
- La commune du Lherm interdit la chasse sur ses terrains communaux.
- Cette décision vise à protéger un bois de plus de 20 hectares trÚs fréquenté.
- FrĂ©dĂ©ric Pasian espĂšre inspirer d’autres communes Ă suivre cet exemple.
Dans une interview accordée à RMC le 20 juillet, le maire a précisé que cette mesure vise à sécuriser un espace boisé communal de plus de 20 hectares. « Cela correspond à la volonté du Conseil municipal de sécuriser un bois communal trÚs fréquenté par les habitants de la commune », a-t-il déclaré.
La commune du Lherm dispose d’environ 50 hectares de terrains communaux, dont 29 sont actuellement chassables. Cela reprĂ©sente environ 1,7 % du territoire de l’ACCA, l’association communale de chasse agréée. Cette dĂ©cision fait suite Ă plusieurs incidents survenus dans le passĂ©, notamment un accident en 2007 oĂč un cycliste a Ă©tĂ© blessĂ© par une balle perdue, ainsi qu’un autre incident en 2021 oĂč une balle a Ă©tĂ© retrouvĂ©e dans le bĂątiment d’une entreprise.
MalgrĂ© ces Ă©vĂ©nements, le maire insiste sur le fait que sa dĂ©marche ne dĂ©coule pas uniquement de ces incidents. AprĂšs plusieurs tentatives infructueuses, il a relancĂ© le processus en septembre 2025. « Cette fois, j’ai obtenu une rĂ©ponse favorable », a-t-il annoncĂ©. La nouvelle rĂ©glementation entrera en vigueur le 11 janvier 2028 et sera valable pour une durĂ©e de cinq ans, coĂŻncidant avec la fin de l’autorisation du pĂ©rimĂštre de chasse de l’ACCA locale.
Cette dĂ©cision est une premiĂšre en France et pourrait inciter d’autres communes Ă envisager des mesures similaires. « Ăa a Ă©tĂ© un long combat que je mĂšne depuis le mandat prĂ©cĂ©dent », tĂ©moigne FrĂ©dĂ©ric Pasian. « Au cours de ce combat, j’ai rĂ©alisĂ© que je me heurtai Ă un lobby de la chasse extrĂȘmement puissant. Cette opposition m’a poussĂ© Ă agir pour ouvrir la voie Ă d’autres communes. »
Il a Ă©galement Ă©voquĂ© les intimidations qu’il a subies, notamment des tensions avec le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration de la chasse de la Haute-Garonne. NĂ©anmoins, il se dit « fier » de cette avancĂ©e lĂ©gislative, qui marque un tournant dans la gestion des espaces naturels en milieu communal.
Alors que la France continue de dĂ©battre autour de la chasse, cette dĂ©cision du Lherm pourrait bien faire office d’exemple et inspirer d’autres Ă©lus Ă prendre des mesures similaires pour protĂ©ger les espaces partagĂ©s et garantir la sĂ©curitĂ© de leurs concitoyens.