Le débat sur le port du voile islamique dans les lieux publics prend une tournure significative. Le Rassemblement national (RN) envisage la possibilité de soumettre cette question à un référendum, mais uniquement si Marine Le Pen remporte l’élection présidentielle de 2027. Ce projet, qui vise à interdire le voile dans les bâtiments publics, a été confirmé par Sébastien Chenu, vice-président du RN, lors d’une intervention sur TF1 le 20 juillet 2026. L’objectif affiché est clair : « qu’on ne voie plus le voile dans le pays ».
EN BREF
- Le RN propose un référendum sur l’interdiction du voile en public.
- Aurore Bergé critique la mesure, la qualifiant d’anticonstitutionnelle.
- Le débat sur le voile soulève des tensions au sein du RN et du gouvernement.
Pour mémoire, lors de la campagne de 2022, le Rassemblement national plaidait pour une interdiction totale du voile dans l’espace public, y compris dans les rues. Cependant, l’orientation semble évoluer, avec un accent mis sur l’interdiction exclusivement dans les bâtiments publics pour 2027.
Ce changement de ton a suscité des réactions vives au sein du gouvernement. Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a exprimé ses réserves sur RMC le 21 juillet. Selon elle, cette proposition révèle une certaine incohérence et témoigne d’une prise de conscience du caractère anticonstitutionnel de la mesure. « Il y a beaucoup de tergiversations », a-t-elle déclaré, soulignant que le RN tente de « revendre » cette initiative sous la forme d’un référendum.
La ministre a également partagé son opinion personnelle sur le sujet, se déclarant opposée au port du voile pour les jeunes enfants. Elle a argumenté que « quand on a 7-8 ans, on est soumis aux diktats des parents » et qu’il est difficile pour ces enfants d’exercer un libre arbitre. Aurore Bergé a insisté sur la nécessité de garantir la liberté des adultes de choisir de porter ou non le voile, tout en soulignant que cela ne doit pas être un choix imposé par l’entourage familial ou social.
Lors de son intervention, Aurore Bergé a également contesté la vision du RN qui assimile le port du voile à une forme d’islamisme. « On ne peut pas voir derrière chaque femme voilée une islamiste en puissance », a-t-elle affirmé, jugeant cette analyse « extrêmement grave ». Elle a plaidé pour une distinction claire entre le respect des libertés individuelles et les préoccupations relatives à la protection des enfants, précisant que l’âge joue un rôle crucial dans la capacité de décision personnelle.
Cette controverse sur le voile met en lumière des fractures au sein du RN, où certains membres soutiennent encore une vision plus stricte de l’interdiction. À l’inverse, d’autres font valoir l’importance de respecter les choix individuels des femmes, indépendamment des préjugés ou des stéréotypes. Le débat est loin d’être clos, et le référendum proposé pourrait devenir un point central des discussions politiques dans les mois à venir.
Le sujet du voile dans l’espace public est donc plus que jamais d’actualité, engageant des dialogues qui touchent à des questions de liberté, de laïcité et d’identité. Alors que les élections présidentielles de 2027 approchent, il est certain que ce thème continuera à susciter des passions et des controverses au sein de la société française.