Le PMOS, anciennement SOPK, quadruple le risque de maladies cardiovasculaires chez les femmes

Le syndrome ovarien polyendocrinien mĂ©tabolique, connu sous l’acronyme PMOS, attire de plus en plus l’attention des chercheurs mĂ©dicaux. Une Ă©tude rĂ©cente publiĂ©e dans The Lancet Obstetrics, Gynaecology, & Women’s Health met en lumiĂšre le fait que les femmes diagnostiquĂ©es avec ce syndrome prĂ©sentent un risque de maladies cardiaques graves qui serait multipliĂ© par quatre par rapport Ă  celles qui n’en souffrent pas. Cette dĂ©couverte souligne l’importance d’une meilleure reconnaissance et gestion de cette pathologie.

EN BREF

  • Le PMOS accroĂźt le risque de maladies cardiovasculaires de 400 % chez les femmes.
  • Cette condition touche environ 170 millions de femmes dans le monde.
  • Les directives de prĂ©vention cardiovasculaire doivent intĂ©grer le PMOS comme facteur de risque.

La redĂ©finition du syndrome, entĂ©rinĂ©e en mai 2026, vise Ă  mieux reflĂ©ter ses dimensions hormonales et mĂ©taboliques. Ce changement de terminologie, portĂ© par Helena Teede du Monash Centre for Health Research Implementation, remplace l’ancien acronyme PCOS (SOPK en français). Le PMOS se caractĂ©rise par des troubles endocriniens et mĂ©taboliques qui touchent les ovaires, affectant un nombre significatif de femmes Ă  l’Ă©chelle mondiale.

Une Ă©tude menĂ©e par des chercheurs des universitĂ©s de Rochester et de Pennsylvanie s’est penchĂ©e sur des donnĂ©es provenant de plus de 2,4 millions de femmes amĂ©ricaines, collectĂ©es entre 2000 et 2022. Parmi elles, plus de 413 000 femmes ĂągĂ©es de 18 Ă  50 ans avaient reçu un diagnostic de PMOS. Les chercheurs ont observĂ© la frĂ©quence des Ă©vĂ©nements cardiovasculaires majeurs tels que les infarctus du myocarde et les accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux dans ce groupe par rapport Ă  une population tĂ©moin.

Les rĂ©sultats sont sans appel : les femmes atteintes de PMOS prĂ©sentent un risque de maladies cardiovasculaires quatre fois plus Ă©levĂ© que celles qui n’en souffrent pas. Ce constat reste valable mĂȘme en tenant compte des facteurs de risque habituels comme l’obĂ©sitĂ©, l’hypertension ou le diabĂšte. Selon les coautrices de l’Ă©tude, Snigdha Alur-Gupta et Anuja Dokras, ce risque accru ne peut pas ĂȘtre exclusivement attribuĂ© aux facteurs connus. Ainsi, mĂȘme sans surpoids ni autres complications, le diagnostic de PMOS est associĂ© Ă  une vulnĂ©rabilitĂ© accrue aux maladies cardio-vasculaires.

Bien que l’Ă©tude soit de nature observationnelle, ce qui limite les conclusions sur un lien de cause Ă  effet, les chercheurs notent que des niveaux Ă©levĂ©s d’hormones, comme l’insuline, sont souvent constatĂ©s chez les femmes atteintes de PMOS. Ces hormones sont liĂ©es Ă  un risque accru de diabĂšte et de maladies cardiaques, comme le souligne Helena Teede : « Ce trouble perturbe tout l’organisme, avec de multiples consĂ©quences ». Cela met en Ă©vidence la nĂ©cessitĂ© d’une approche holistique dans la gestion de la santĂ© des femmes atteintes de cette condition.

Un point crucial soulignĂ© par l’Ă©tude est que les directives internationales de prĂ©vention cardiovasculaire ne prennent que trĂšs rarement en compte le PMOS parmi les facteurs de risque Ă  surveiller. Helena Teede appelle Ă  une meilleure intĂ©gration de cette condition dans la pratique mĂ©dicale afin de mieux protĂ©ger la santĂ© cardiaque des femmes qui en souffrent.

Les auteurs de l’Ă©tude insistent sur l’importance du dĂ©pistage prĂ©coce et du suivi Ă  long terme des femmes diagnostiquĂ©es avec PMOS, mĂȘme en l’absence de complications mĂ©taboliques visibles. Natalie Raffoul, de la Heart Foundation, non impliquĂ©e dans l’Ă©tude, souligne que ces rĂ©sultats mettent en exergue la nĂ©cessitĂ© d’un suivi Ă  vie, prenant en compte le diabĂšte et d’autres maladies souvent associĂ©es.

Les maladies cardiovasculaires, qui incluent notamment les infarctus du myocarde et les AVC, se rĂ©vĂšlent ĂȘtre les complications majeures chez les femmes atteintes de PMOS. Les facteurs de risque traditionnels tels que l’hypertension, l’obĂ©sitĂ©, l’hypercholestĂ©rolĂ©mie et le diabĂšte devraient ĂȘtre complĂ©tĂ©s par une attention particuliĂšre au PMOS, selon plusieurs experts. Une telle intĂ©gration serait bĂ©nĂ©fique pour un dĂ©pistage ciblĂ© et un accompagnement adaptĂ©.

Face Ă  ces rĂ©vĂ©lations, plusieurs professionnels de santĂ© plaident pour une rĂ©vision des recommandations cliniques afin d’inclure le risque cardiovasculaire des femmes atteintes de PMOS. Une Ă©ducation renforcĂ©e des praticiens et des patientes est essentielle pour favoriser un diagnostic prĂ©coce, un suivi rĂ©gulier et l’adoption de comportements protecteurs. L’Ă©tude ouvre Ă©galement la voie Ă  de futures recherches sur les mĂ©canismes biologiques prĂ©cis qui relient PMOS et maladies cardiaques, avec l’objectif de dĂ©velopper des stratĂ©gies de prĂ©vention plus adaptĂ©es.

En somme, la réévaluation du PMOS pourrait marquer un tournant dans la prise en charge de la santé des femmes, en mettant en lumiÚre des risques souvent négligés.