Amine Kessaci, nouvel adjoint au maire de Marseille chargé de la jeunesse et de la citoyenneté, se bat sans relâche contre le narcotrafic. Fort d’une expérience personnelle douloureuse, il a décidé d’utiliser ses nouvelles fonctions pour défendre les familles touchées par cette réalité tragique. Son engagement s’est intensifié après la perte de son frère, qui a été victime de la violence liée au trafic de stupéfiants.
EN BREF
- Amine Kessaci, adjoint au maire, lutte contre le narcotrafic à Marseille.
- Il s’engage à reloger rapidement les familles de victimes de ce fléau.
- Son parcours est marqué par des tragédies personnelles liées à la violence du trafic.
Le 13 novembre 2025, Amine Kessaci reçoit une nouvelle terrible : son petit frère Mehdi, aspirant policier, est abattu à Marseille. Cette tragédie survient après la perte de son autre frère, Brahim, assassiné cinq ans plus tôt, également à cause des méfaits du narcotrafic. Ces événements tragiques n’ont pas fait plier la volonté d’Amine Kessaci, qui continue de se battre pour la justice et la sécurité de sa communauté.
À la suite de la marche blanche organisée en mémoire de Mehdi, où plus de 6 000 personnes se sont rassemblées, Kessaci est élu adjoint au maire. Benoît Payan, le maire de Marseille, lui confie la responsabilité de la jeunesse et de la citoyenneté, ainsi que la présidence du bailleur social de la ville. À 22 ans, il ressent un mélange de fierté et de tristesse en portant l’écharpe tricolore pour la première fois, conscient des défis qui l’attendent.
« C’est très particulier », confie-t-il. « On ressent une émotion qui traverse nos tripes, mélangée à la tristesse de la situation dans laquelle je me trouve. » Son élection, bien qu’une victoire personnelle, est teintée d’amertume en raison des pertes qu’il a subies.
Amine Kessaci s’engage à ne pas oublier ses racines et à représenter les voix des familles touchées par la violence du narcotrafic. Son bureau, dit-il, est aussi celui des mères de Frais-Vallon et d’autres quartiers défavorisés de Marseille. Grâce à sa position, il a des leviers d’action, même s’il reconnaît qu’ils ne sont pas tous suffisants.
« En tant qu’adjoint au maire et président du bailleur social, je vais pouvoir reloger des familles de victimes du narcotrafic », annonce-t-il. À partir de septembre, des logements seront réservés pour ces familles, avec un objectif de relogement dans le mois qui suit le décès d’un enfant. Amine Kessaci considère cette initiative comme essentielle pour apporter un soutien concret à ceux qui souffrent.
Par ailleurs, il ne se limite pas à cette action. Kessaci souhaite développer d’autres mesures pour lutter contre le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles. Il envisage notamment la mise en place d’une application pour sécuriser les plages de Marseille, une mesure qui pourrait renforcer la sécurité des jeunes et des familles dans la ville.
Le parcours d’Amine Kessaci est un exemple de résilience face à l’adversité. Son engagement dans la lutte contre le narcotrafic et son désir de protéger les plus vulnérables montrent comment des tragédies personnelles peuvent se transformer en force pour le changement. En mettant en avant les besoins des familles victimes, il espère non seulement apporter un soutien immédiat, mais aussi contribuer à une prise de conscience plus large sur la nécessité de lutter contre ce fléau qui ravage tant de vies.