Yasmine, sage-femme libérale à Angers : un revenu net de 2 690 € et des charges pesantes

À 33 ans, Yasmine exerce en tant que sage-femme libérale à Angers, après avoir passé huit années en milieu hospitalier. Son revenu net mensuel s’élève à 2 690 €, un chiffre qui ne reflète pas la réalité des charges qu’elle doit supporter. Entre les suivis de grossesse, les accouchements à domicile et les consultations post-natales, Yasmine doit jongler avec des dépenses conséquentes, tout en élevant un enfant en bas âge.

EN BREF

  • Yasmine gagne 2 690 € nets par mois après charges.
  • Elle doit gérer des dépenses professionnelles importantes.
  • Son objectif est d’investir dans du matériel d’échographie portable.

Le chiffre d’affaires brut de Yasmine est d’environ 5 800 € par mois, mais ce montant est sujet à de fortes variations, surtout en fonction des naissances programmées. « Les gens pensent que je touche ça net, mais entre les charges URSSAF et les frais professionnels, il me reste moins de la moitié », explique-t-elle.

Après avoir déduit ses cotisations sociales, qui s’élèvent à environ 1 750 €, ainsi que les frais liés à son local professionnel, à son assurance responsabilité civile et à son matériel médical, son revenu net tombe à 2 690 € par mois. À cela s’ajoutent également 180 € de prestations familiales versées par la Caisse d’Allocations Familiales pour son fils de 2 ans.

Pour soutenir le foyer, son mari, technicien de maintenance, contribue également, bien qu’ils gèrent leurs comptes séparément. Ils ont choisi d’établir un partage équitable des charges communes liées à leur logement.

Un budget familial ajusté

Le couple rembourse un crédit immobilier de 980 € par mois pour leur maison de 90 m² située en périphérie d’Angers, acquise il y a trois ans. La part de Yasmine dans ce remboursement correspond à 490 €. À cela s’ajoutent de nombreuses autres dépenses, dont l’assurance habitation à 22 €, l’électricité et le gaz, qui atteignent 145 € en hiver, l’eau à 35 €, ainsi que la mutuelle santé familiale à 89 €.

Yasmine partage son cabinet professionnel avec deux autres sages-femmes, ce qui lui coûte 310 € par mois, charges comprises. Elle a également des dépenses récurrentes pour son forfait mobile à 19,99 €, un accès Internet en fibre à 32 €, et un abonnement Netflix à 6,50 €, partagé avec sa sœur. Les frais de crèche pour son fils représentent une charge fixe de 320 € par mois, après déduction du crédit d’impôt.

« Le local professionnel, c’est le poste que personne n’imagine quand on pense à une sage-femme libérale », glisse-t-elle. Au total, les charges fixes mensuelles de Yasmine atteignent environ 1 460 €.

Gestion des dépenses variables

En ce qui concerne les dépenses alimentaires, Yasmine consacre environ 380 € par mois pour nourrir sa famille de trois personnes, en privilégiant le marché bio. « On mange sainement, mais je ne me ruine pas non plus, je fais attention aux promos », précise-t-elle.

Les frais de carburant pour sa voiture, indispensable pour ses visites à domicile, s’élèvent à 210 € par mois. Les sorties en famille ou entre amis représentent environ 90 €, tandis que le shopping pour vêtements et loisirs tourne autour de 70 €. Pour ses vacances d’été, souvent en camping dans le Sud-Ouest, elle met de côté 60 € par mois.

Son abonnement à la salle de sport coûte 35 € par mois et les activités pour son fils, comme l’éveil musical, ajoutent 45 € supplémentaires. En somme, ces dépenses variables atteignent environ 890 € chaque mois.

Après avoir réglé toutes ses dépenses, Yasmine parvient à épargner environ 340 € par mois, qu’elle place sur un livret A. « Ce n’est pas énorme, mais je sais que dans dix ans le crédit sera fini et ça changera tout », confie-t-elle.

En termes de dettes, elle n’a pas de crédit à la consommation, se contentant du prêt immobilier qu’elle partage avec son conjoint. Son objectif à moyen terme est d’investir dans un matériel d’échographie portable pour élargir ses services à domicile.

« Je sais que je pourrais gagner plus en travaillant le week-end, mais avec un enfant en bas âge, je préfère garder un équilibre », résume-t-elle. Comparativement au salaire médian français, qui se situe autour de 2 100 € nets, Yasmine s’en sort assez bien, même si ses charges professionnelles rappellent que le statut libéral comporte des coûts souvent méconnus.