Retour de la corrida à Vauvert : un maire face aux oppositions locales

La corrida fait son grand retour dans les arènes de Vauvert, une commune du Gard de 11 671 habitants, après une absence de neuf ans. Le nouveau maire, Nicolas Meizonnet, membre du Rassemblement national, a annoncé l’événement avec fierté, en affirmant que les places pour la corrida mixte prévue le 9 août étaient presque toutes réservées. Cette annonce succède à des mois de débats et de controverses au sein de la population locale.

EN BREF

  • La corrida revient à Vauvert après neuf ans d’absence.
  • Le maire, Nicolas Meizonnet, défend l’événement face à l’opposition locale.
  • Une pétition contre la corrida a déjà recueilli plus de 22 000 signatures.

Au micro de RMC, le maire a exprimé sa satisfaction quant à l’engouement suscité par l’événement : « Tous les rangs de devant sont déjà réservés », a-t-il déclaré. Pour lui, la corrida représente une opportunité de dynamiser le tourisme dans la commune, attirant des visiteurs de villes voisines comme Nîmes et Avignon. Il a également minimisé les inquiétudes de certains habitants, les qualifiant de « minorité bruyante ».

Cyril Vaucelle, président du Comité Radicalement anti-corrida, n’a pas été surpris par cette décision, soulignant que la précédente municipalité avait déjà autorisé des novilladas, une pratique où des animaux sont abattus. Il a rappelé que, bien que la corrida soit considérée comme un acte de cruauté envers les animaux, elle bénéficie d’une dérogation dans 56 zones en France, y compris Vauvert.

Dans les rues de Vauvert, la culture taurine est omniprésente, avec des décorations représentant des taureaux et des barrières installées pour des courses camarguaises. Pourtant, certains habitants rencontrés par RMC affichent une indifférence à l’égard de la corrida. « Cela ne me dérange pas plus que ça », confie un résident, tandis qu’un autre exprime son scepticisme : « Tant qu’il y aura des mises à mort, je n’irai pas ».

Pour beaucoup, la corrida évoque des souvenirs mitigés. « J’en ai fait deux dans ma vie, ça ne m’a pas plus donc stop », explique un habitant. Un autre préfère les courses camarguaises, où les taureaux ne sont pas mis à mort. « Payer pour voir un taureau être mis à mort, ça ne m’intéresse pas », ajoute-t-il. Malgré cela, la majorité des habitants ne souhaitent pas s’engager dans des manifestations contre cet événement.

Cependant, sur les réseaux sociaux, une pétition a circulé, recueillant plus de 22 000 signatures en opposition à la corrida. Cette mobilisation témoigne des divisions au sein de la communauté de Vauvert, où les opinions sur cet événement sont profondément polarisées.

Le retour de la corrida à Vauvert soulève des interrogations sur l’avenir de cette pratique, mais aussi sur la place de la culture taurine dans la société française contemporaine. À quelques jours de l’événement, la tension entre tradition et modernité semble plus vive que jamais, illustrant un débat qui dépasse le cadre local.