Les délais bancaires : ce que dit la loi sur les jours ouvrés et jours ouvrables

Les opérations bancaires peuvent parfois s’avérer déroutantes pour les clients, notamment lorsqu’il s’agit des délais de traitement. Si vous avez déjà effectué un virement un vendredi soir, vous savez probablement que la banque annonce souvent un délai de « 1 à 2 jours ouvrés ». Malheureusement, cela peut entraîner une attente jusqu’au mercredi suivant, sans explication claire de la part de l’établissement. Ce flou, loin d’être anodin, soulève des questions sur la manière dont les banques interprètent les délais de traitement.

EN BREF

  • Les banques confondent souvent « jours ouvrés » et « jours ouvrables » pour prolonger les délais.
  • La loi impose des délais précis pour les virements en euros, souvent méconnus des clients.
  • Contester un retard est possible en se référant à des articles du Code monétaire et financier.

En effet, depuis 2009, la loi encadre ces délais de manière stricte. Selon l’article L133-13 du Code monétaire et financier, un virement en euros vers une banque française ou européenne doit être crédité au plus tard le jour ouvrable suivant la réception de l’ordre. Il est essentiel de noter que « jour ouvrable » ne se confond pas avec « jour ouvré ». Un jour ouvrable peut inclure le samedi, tandis qu’un jour ouvré exclut les week-ends et jours fériés.

Malheureusement, de nombreuses banques utilisent le terme « ouvré » dans leurs conditions générales, ce qui leur permet de bénéficier d’une marge de manœuvre plus importante que celle prévue par la législation. En ce qui concerne les chèques, la loi stipule un délai d’encaissement généralement compris entre 24 et 48 heures après la remise en agence, sauf mention contraire justifiée dans la convention de compte.

Pour ce qui est des remboursements après un paiement contesté ou d’une opération non autorisée, l’article L133-18 impose un remboursement immédiat, au plus tard le jour ouvrable suivant la contestation. Face à ces enjeux, il est crucial de vérifier la date exacte à laquelle l’ordre a été passé, et non celle que vous pensez avoir respectée. Par exemple, un virement effectué un vendredi à 17 heures peut être considéré comme reçu le lundi suivant, selon l’heure de coupure fixée par la banque, souvent aux alentours de 16 heures ou 17 heures.

Cette heure de coupure doit apparaître clairement dans les conditions générales. Si tel n’est pas le cas, vous avez le droit de contester le délai appliqué par votre banque. En cas de dépassement du délai légal, il est recommandé de contacter votre conseiller par écrit, en citant l’article L133-13, et d’exiger une justification précise du retard.

Si votre banque ne vous fournit pas de réponse satisfaisante sous 15 jours, vous pouvez saisir le médiateur bancaire de l’établissement. Cette démarche est gratuite et la banque est tenue de vous répondre, ce qui peut souvent suffire à débloquer la situation.

Les délais de remboursement pour un paiement contesté sont encore plus favorables au client, car la loi laisse peu de place à l’interprétation. Toutefois, il est essentiel d’éviter certains pièges. Par exemple, confondre virement instantané et virement classique peut conduire à des malentendus. Le virement instantané (SEPA Instant) est crédité en quelques secondes, mais certaines banques facturent ce service ou ne l’offrent pas par défaut.

Si votre conseiller ne vous a jamais proposé cette option, n’hésitez pas à la demander, car elle existe depuis 2017 et beaucoup de clients l’ignorent encore. D’autre part, les virements internationaux en dehors de la zone SEPA ne sont pas soumis aux mêmes délais légaux. Les banques disposent d’une plus grande latitude dans ces cas-là.

Enfin, il est important de ne pas penser qu’une clause stipulant des « jours ouvrés » dans un contrat rend celle-ci automatiquement valable. Une clause prévoyant un délai supérieur au maximum légal peut être considérée comme abusive si elle n’est pas justifiée. Ne vous découragez pas après un premier refus de votre conseiller ; souvent, il suffit de citer l’article de loi pour que la situation se régularise rapidement. Ce flou dans la communication des délais est un avantage pour les banques, à l’instar des frais surprises qui apparaissent sur un relevé sans explication.

Un virement SEPA doit être crédité au plus tard le jour ouvrable suivant l’ordre et non « quelques jours » selon le bon vouloir de la banque. En cas de remboursement après un paiement contesté, la loi impose un traitement immédiat.

Comprendre ces subtilités peut vous permettre de mieux gérer vos relations avec votre banque et d’éviter les désagréments liés aux délais de traitement.