Les entreprises françaises se dirigent vers une phase de stabilisation en matière d’augmentations salariales. Après des années d’inflation et de hausses collectives, un changement de paradigme s’opère : les augmentations deviennent plus ciblées et individualisées. Cette évolution soulève des questions sur les critères d’attribution des hausses de rémunération, qui semblent désormais se concentrer sur la performance individuelle et les compétences stratégiques.
EN BREF
- Les augmentations salariales médianes se stabilisent à 3% en 2026 et 2027.
- La performance individuelle devient le critère principal pour les hausses de salaire.
- Les entreprises privilégient les compétences stratégiques et les métiers recherchés.
Selon une enquête récente réalisée par WTW, la tendance aux augmentations collectives liées à l’inflation connaît un ralentissement. En effet, seulement 17 % des entreprises prévoient d’accorder des hausses directement en rapport avec l’inflation, un chiffre bien inférieur aux 61 % de l’année précédente. À l’opposé, 63 % des sociétés sondées optent pour des allocations plus ciblées, en mettant l’accent sur les profils jugés essentiels.
Une stabilisation des hausses salariales
Les prévisions indiquent que les augmentations salariales médianes resteront à 3 % en France pour 2026 et 2027. Toutefois, certains secteurs, tels que la chimie, les énergies et les institutions financières, ne devraient pas dépasser cette hausse. Les augmentations y sont estimées entre 2,5 % et 2,8 %. Ce niveau est similaire à celui observé dans d’autres pays européens, où les hausses varient légèrement, atteignant jusqu’à 3,5 % au Royaume-Uni.
Critères d’attribution des augmentations
L’un des principaux enseignements de cette enquête est que 97 % des entreprises intègrent la performance individuelle dans leurs décisions d’augmentation salariale. En outre, près de 60 % d’entre elles lient ces hausses à des évolutions de carrière ou à des promotions. Cette individualisation des critères souligne un changement de stratégie : plutôt que de compenser l’inflation, les entreprises cherchent à utiliser leurs budgets de rémunération pour attirer et retenir des compétences stratégiques.
Khalil Ait Mouloud, directeur de l’activité enquêtes de rémunération chez WTW en France, souligne que « l’enjeu est d’utiliser les budgets pour soutenir les transformations des entreprises et renforcer l’équité salariale ». Cela signifie que les entreprises privilégient des expertises spécifiques, notamment dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité et la transformation numérique, pour justifier les augmentations.
Toutefois, il est intéressant de noter qu’une entreprise sur deux ne prévoit aucune mesure pour faire évoluer sa politique de rémunération dans le contexte actuel. Dans un climat économique mondial incertain, de nombreuses entreprises choisissent la prudence et la stabilité.
La dernière édition de l’enquête Salary Budget Planning de WTW, réalisée entre le 31 mars et le 29 mai 2026, a recueilli près de 34 000 réponses provenant de 154 pays, dont 798 entreprises en France, représentant divers secteurs d’activité.
Ce changement de cap dans la gestion des augmentations salariales pourrait avoir des implications importantes pour les employés et les entreprises. À mesure que le marché du travail évolue, il reste à voir comment ces nouvelles stratégies influenceront la satisfaction et la motivation des salariés dans les années à venir.