La Suède a décidé de remettre à l’Ukraine un cargo de la flotte fantôme russe, connu sous le nom de Caffa. Ce navire, arraisonné début mars, est soupçonné de transporter du blé ukrainien volé dans des territoires occupés. Cette décision a été confirmée par la Cour suprême de Suède, qui a refusé d’examiner le recours déposé par l’armateur du navire, respectant ainsi les jugements précédents en faveur de l’Ukraine.
EN BREF
- La Suède remet le navire Caffa à l’Ukraine, arraisonné pour transport de blé volé.
- La décision de la Cour suprême soutient l’enquête ukrainienne sur le vol de céréales.
- Le ministre des affaires étrangères ukrainien salue cette avancée judiciaire significative.
Le Caffa, un cargo de 96 mètres, a été intercepté par la police suédoise le 6 mars alors qu’il naviguait sous un faux pavillon guinéen, en route de Casablanca vers Saint-Pétersbourg. Cette opération a été menée à la suite d’une demande d’entraide judiciaire de l’Ukraine, qui mène une enquête sur le navire. Le parquet suédois a précisé que le Caffa était sous le coup d’une investigation en raison de ses liens avec des activités illégales liées aux céréales.
Le ministre de la défense civile, Carl-Oskar Bohlin, a exprimé des doutes quant à l’identité du propriétaire du navire, qui semble difficile à déterminer. De plus, il a mentionné que le Caffa pourrait ne pas disposer d’une assurance adéquate, ce qui est fréquent pour les navires de la flotte fantôme russe. Ces navires, souvent en mauvais état et sans assurance, sont utilisés par Moscou pour contourner les sanctions imposées par la communauté internationale.
Vladyslav Vlasiuk, commissaire aux sanctions ukrainien, a révélé que le Caffa avait été impliqué dans le vol de céréales dans des zones occupées de l’Ukraine. Il a en effet transporté une cargaison de Sébastopol en Crimée vers le port syrien de Tartous en juillet 2025. Cela soulève des questions sur les activités de contournement des sanctions par la Russie et l’impact économique de ces opérations sur l’Ukraine.
La décision de la Cour suprême de Suède a été saluée par le ministre des affaires étrangères d’Ukraine, Andriï Sybiga, qui a qualifié cet événement de « décision historique ». Selon lui, cette avancée représente un précédent essentiel, affirmant que l’action efficace des forces de l’ordre et des procureurs, en synergie avec une justice indépendante, peut aboutir à des résultats concrets dans la lutte contre l’impunité. Sur le réseau social X, il a déclaré : « Nous poursuivons nos efforts pour lutter contre la flotte fantôme russe et sa capacité à générer des revenus pour financer sa guerre. »
Ce cas met en lumière les défis auxquels fait face l’Ukraine dans la lutte contre le vol de ses ressources naturelles, tout en soulignant l’importance du soutien international dans la mise en œuvre de la justice. La remise du Caffa à l’Ukraine pourrait également servir de signal fort aux autres nations concernant l’importance de prendre des mesures contre les navires impliqués dans des activités illégales.
Dans ce contexte, la coopération entre les autorités judiciaires et les forces de l’ordre est cruciale. Elle témoigne d’une volonté collective de défendre la souveraineté ukrainienne et d’appliquer des sanctions contre ceux qui profitent de la guerre en Ukraine.