Ce jeudi sur RMC, Jean-Philippe Dogneton, directeur général de la Macif, a souligné l’aggravation des conditions climatiques et ses conséquences sur le secteur des assurances. La multiplication des événements climatiques extrêmes, tels que les tempêtes, les inondations, et les incendies, entraîne une augmentation des dégâts matériels et humains, mettant en lumière la nécessité d’adapter les pratiques des assureurs.
EN BREF
- Les dommages climatiques en France pourraient coûter entre 10 et 15 milliards d’euros.
- La Macif appelle à lisser les augmentations de cotisations pour garantir la soutenabilité.
- Les délais de déclaration des sinistres ont été étendus jusqu’au 31 août.
Jean-Philippe Dogneton a mis en exergue que le montant des pertes causées par les catastrophes naturelles pourrait s’élever à plusieurs milliards d’euros, ce qui pourrait alourdir la charge des assureurs. Face à cela, il a insisté sur la nécessité de « résister dans le temps » et de « lisser les augmentations » des cotisations d’assurance habitation. Cette stratégie permettrait de mieux anticiper les défis à venir et d’éviter d’importantes hausses des tarifs, qui pourraient devenir insupportables pour de nombreux ménages.
Le rapport de l’Observatoire de l’assurabilité, remis le 15 juin 2026 par la Caisse centrale de réassurance, a présenté un état des lieux de la couverture assurantielle. Ce rapport a conduit le gouvernement à s’engager à faire évoluer le régime des catastrophes naturelles (Cat Nat), en réévaluant tous les cinq ans le taux de surprime afin d’assurer une répartition équitable de la charge entre les assurés.
Le coût de la Cat Nat est actuellement de 40 euros par foyer et par an, une somme jugée raisonnable par M. Dogneton, à condition de lisser les augmentations dans le temps. Cependant, il est à noter que ce régime n’inclut pas les sinistres causés par les incendies, mais couvre les inondations, les tempêtes, et les séismes. En cas de sinistre lié à un incendie, la franchise peut considérablement varier, dépassant souvent les 400 euros, selon les termes du contrat d’assurance.
Face à l’ampleur des dégâts causés par les récents incendies, la Fédération des assureurs a décidé d’élargir le délai de déclaration des sinistres. Les sinistrés disposent désormais jusqu’au 31 août pour se manifester, un délai largement supérieur aux cinq jours habituellement accordés. De plus, les frais de relogement pour les personnes devant quitter leur logement seront pris en charge par les assurances, dans une période maximale de trois semaines.
Jean-Philippe Dogneton a également rapporté qu’il y avait eu 2.200 déclarations de sinistres, avec une cinquantaine de maisons totalement détruites. Il a précisé que la Macif prenait les devants en contactant les assurés qui n’avaient pas encore donné de nouvelles, avec environ 300 missions d’expertise déjà déclenchées.
En parallèle, la préfecture de Gironde a mis en garde les sinistrés du mégafeu sur les pratiques de démarchage abusif et opportuniste, où des intermédiaires proposent des services d’accompagnement souvent coûteux et non pris en charge par les assurances. Cette vigilance est essentielle pour protéger les victimes des catastrophes naturelles des abus qui pourraient survenir dans un contexte déjà difficile.
La situation actuelle dans le secteur des assurances souligne l’importance d’une approche proactive face aux risques climatiques. Les acteurs du marché doivent s’adapter rapidement pour faire face à ces défis croissants tout en protégeant efficacement les assurés.