Meta condamné à près d’un milliard de dollars pour préjudice aux mineurs au Nouveau-Mexique

Le groupe Meta, fondé par Mark Zuckerberg, fait face à une amende historique de presque un milliard de dollars suite à des décisions judiciaires au Nouveau-Mexique. Cette somme record, qui découle d’une enquête sur l’impact des plateformes de l’entreprise, dont Facebook et Instagram, sur les jeunes utilisateurs, vise à compenser les dommages causés aux mineurs.

EN BREF

  • Meta doit payer 567 millions de dollars pour un fonds de réparation dédié aux mineurs.
  • Le juge a imposé des mesures strictes sur l’utilisation de ses plateformes par les jeunes.
  • Meta conteste ces décisions et annonce son intention de faire appel.

Cette condamnation, ordonnée par le juge Bryan Biedscheid, représente une première aux États-Unis. Le montant de 567 millions de dollars doit servir à financer des programmes de santé mentale et de prévention des risques associés à l’utilisation des réseaux sociaux, sur une période de cinq ans. À cela s’ajoutent 375 millions de dollars de pénalités civiles prononcées par un jury en mars dernier, qui avait jugé que Meta n’avait pas protégé adéquatement ses utilisateurs mineurs.

Un porte-parole de Meta a déclaré à l’agence de presse AFP que l’entreprise était en désaccord avec cette décision et qu’elle comptait faire appel. Le représentant a exprimé sa confiance dans les mesures mises en place par le groupe pour assurer la sécurité des adolescents en ligne.

Le procureur général du Nouveau-Mexique, Raul Torrez, a qualifié cette décision de « victoire historique » pour les familles, soulignant l’importance de protéger les jeunes des effets nuisibles des réseaux sociaux. La décision du juge s’accompagne de plusieurs mesures inédites, notamment une limite d’utilisation de 90 heures par mois pour les mineurs sur Facebook et Instagram.

Les nouvelles restrictions sur les comptes des mineurs

Ces restrictions incluent également l’interdiction de notifications envoyées aux mineurs entre 22 heures et 7 heures, ainsi que pendant les heures de classe. De plus, les compteurs de « likes » seront masqués par défaut pour cette tranche d’âge. Le juge a également prohibé toute interaction romantique ou sexualisée entre les mineurs et les chatbots de Meta, ainsi que l’utilisation de ces assistants par des adultes pour simuler de tels échanges.

Parmi les autres mesures, le juge exige qu’un humain examine sous 48 heures les signalements d’exploitation sexuelle. Les comptes suspectés d’appartenir à des enfants de moins de 13 ans devront être supprimés dans un délai de 30 jours, à moins que l’âge puisse être prouvé.

Cependant, le juge a refusé d’imposer certaines des obligations réclamées par le procureur, comme la vérification stricte de l’âge à l’inscription. Il a jugé que cela serait juridiquement impossible en raison d’une loi fédérale sur la protection des données des enfants, et que cela pourrait inciter les jeunes à se tourner vers des plateformes concurrentes.

Les conséquences pour Meta et l’avenir des réseaux sociaux

Ce jugement s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des pratiques des géants des réseaux sociaux en matière de protection des mineurs. En mars, un jury de Los Angeles avait déjà jugé Meta et YouTube responsables des effets de l’addiction à leurs plateformes sur une adolescente. Meta a fait appel de toutes ces décisions et se prépare à d’autres procès aux États-Unis, dont l’un est prévu pour le 12 août à Oakland, Californie.

Alors que Meta conteste fermement ces verdicts, l’issue de ces affaires pourrait avoir un impact significatif sur la manière dont les réseaux sociaux gèrent les comptes des jeunes utilisateurs et sur les futures régulations concernant la protection des enfants en ligne.