Abdelatif Kherradji, arbitre de Ligue 1, sous la menace d’une sanction pour violences conjugales

Abdelatif Kherradji, un arbitre Ă©minent du football français, se trouve au cƓur d’une affaire judiciaire controversĂ©e qui pourrait avoir de lourdes rĂ©percussions sur sa carriĂšre. AprĂšs avoir officiĂ© lors de prĂšs de 70 matches de Ligue 1 et avoir Ă©tĂ© Ă©lu meilleur arbitre en Ligue 2 pour la saison 2023-2024, Kherradji est dĂ©sormais accusĂ© de violences conjugales par son ex-compagne, une avocate. Les faits allĂ©guĂ©s auraient eu lieu entre mars et mai 2026, en pleine prĂ©paration de la nouvelle saison de Ligue 1, crĂ©ant une situation dĂ©licate pour tout le milieu du football français.

EN BREF

  • Abdelatif Kherradji, arbitre de Ligue 1, est accusĂ© de violences conjugales.
  • Une peine de 18 mois de prison avec sursis a Ă©tĂ© requise contre lui.
  • Le verdict sera rendu peu avant le dĂ©but de la saison de Ligue 1, prĂ©vue le 21 aoĂ»t 2026.

Le 7 aoĂ»t 2026, Kherradji a comparu au tribunal correctionnel de NĂźmes pour une audience qui a durĂ© prĂšs de cinq heures. Ce moment est d’autant plus critique que la Ligue 1 s’apprĂȘte Ă  reprendre ses droits. Au cours de l’audience, plusieurs tĂ©moignages ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s, et la procureure a requis une peine significative, soulignant la gravitĂ© des accusations. L’arbitre, quant Ă  lui, dĂ©crit sa situation comme un « vĂ©ritable cauchemar » et conteste toutes les allĂ©gations de violence.

Les accusations reposent sur deux incidents distincts. Le premier aurait eu lieu le 13 mars 2026, oĂč la plaignante affirme que Kherradji l’aurait saisie par le cou et tirĂ©e par les bras et les cheveux. Kherradji, en revanche, soutient avoir Ă©tĂ© agressĂ© par son ex-compagne ce mĂȘme soir et a produit un certificat mĂ©dical attestant de six jours d’ITT. Le second incident, survenu le 13 mai 2026, impliquerait la plaignante Ă©tant « plaquĂ©e contre un mur » et maintenue par l’épaule, conduisant Ă  une incapacitĂ© temporaire de travail de trois jours.

La complexitĂ© de l’affaire est accentuĂ©e par l’existence de plaintes croisĂ©es et par la nĂ©cessitĂ© d’une enquĂȘte approfondie, comprenant des avis mĂ©dicaux et des tĂ©moignages de proches. La dĂ©cision du tribunal est attendue pour le 19 aoĂ»t 2026, juste avant la reprise de la Ligue 1. Cette situation crĂ©e un climat de tension intense non seulement pour Kherradji, mais aussi pour les instances dirigeantes du football français, qui doivent gĂ©rer les retombĂ©es mĂ©diatiques et l’impact sur l’image de l’arbitrage.

PlacĂ© sous contrĂŽle judiciaire depuis le 15 mai, l’arbitre est en arrĂȘt maladie jusqu’au 18 aoĂ»t, pĂ©riode durant laquelle il doit Ă©galement rĂ©pondre aux inquiĂ©tudes de la FĂ©dĂ©ration française de football (FFF). Cette derniĂšre a dĂ©jĂ  annoncĂ© qu’elle adapterait sa rĂ©ponse en fonction des Ă©lĂ©ments officiels qui pourraient ĂȘtre portĂ©s Ă  sa connaissance. La situation soulĂšve des questions cruciales sur l’exemplaritĂ© requise des arbitres, en particulier ceux qui occupent des postes de responsabilitĂ©.

MaĂźtre Olivier Morice, l’avocat de la plaignante, a soulignĂ© que les violences conjugales touchent tous les milieux, y compris celui de l’arbitrage. Il a rappelĂ© que les arbitres doivent ĂȘtre des modĂšles de respect des lois, qu’il s’agisse du sport ou de la vie privĂ©e. Les jours Ă  venir seront dĂ©cisifs pour Kherradji, dont la carriĂšre pourrait ĂȘtre gravement compromise si la justice statuait contre lui.

La nouvelle saison de Ligue 1, qui dĂ©bute le 21 aoĂ»t, pourrait se faire sans l’un de ses arbitres les plus en vue, mettant en lumiĂšre la fragilitĂ© des trajectoires professionnelles, mĂȘme dans le monde du sport de haut niveau. Dans un milieu oĂč l’exemplaritĂ© est cruciale, cette affaire pourrait avoir des rĂ©percussions bien au-delĂ  de Kherradji, affectant la perception de l’arbitrage en France.