Gérald Darmanin, ministre de la Justice, est au cœur d’une controverse majeure. Ce dimanche 9 août 2026, l’Association nationale de police judiciaire (ANPJ) a exprimé des accusations sévères à son égard, qualifiant son action d’« hypocrisie » et de « trahison ». Ces critiques font suite à une note envoyée par Darmanin à son successeur, Laurent Nuñez, qui met en lumière de graves défaillances dans la gestion des violences sexuelles sur mineurs.
EN BREF
- Gérald Darmanin critiqué par l’ANPJ pour son bilan en tant que ministre de l’Intérieur.
- Une note révélant des défaillances dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs a été publiée.
- Des accusations de cynisme et d’hypocrisie pèsent sur le ministre actuel de la Justice.
Cette note, datée du 29 juillet, a été révélée par Le Monde et consultée par l’AFP. Elle détaille une série de problèmes au sein des services d’enquête, notamment des dossiers « fantômes », des enquêtes abandonnées et un manque cruel d’effectifs et de formation. L’ANPJ rappelle que Gérald Darmanin a occupé le poste de ministre de l’Intérieur pendant plus de quatre ans, période durant laquelle il aurait dû agir sur ces questions critiques.
Les critiques de l’ANPJ font écho à l’affaire tragique de Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte en juin dans le Gers. Le principal suspect, Jérôme Barella, était déjà sous le coup de plusieurs plaintes pour violences sexuelles sur mineurs sans avoir été inquiété, soulevant des questions sur l’efficacité des enquêtes menées.
Dans sa note, Darmanin se veut lucide et dénonce le « déficit alarmant d’enquêteurs » et l’accumulation de procédures non traitées. L’ANPJ, en réponse, dénonce son attitude : « Docteur Darmanin et Mister Gérald » sont accusés de ne pas avoir pris les mesures nécessaires durant son mandat. L’association souligne que la réforme de la police de 2024, qui visait à renforcer les effectifs, n’a pas réussi à répondre à la crise de l’investigation.
Frédéric Lauze, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, a également exprimé son indignation sur BFMTV, évoquant le « cynisme » du ministre. Il a rappelé que des appels à la simplification de la procédure pénale avaient été ignorés durant son mandat. La communication politique, selon Lauze, a pris le pas sur des solutions concrètes aux problèmes rencontrés par les policiers.
Pour contrer les accusations, Gérald Darmanin a publié un courrier sur X, visant à clarifier sa position et à éviter la propagation de « fake news ». Dans ce document, il évoque le bilan de ses actions en matière de sécurité et de protection des mineurs, revendiquant la création de plus de 8 000 postes dans les forces de l’ordre sous son mandat.
Cette situation soulève une question cruciale : comment un ministre, tout en dénonçant des lacunes qu’il a lui-même contribué à créer, peut-il espérer restaurer la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires ? Les accusations d’hypocrisie et de trahison à l’égard de Gérald Darmanin mettent en lumière les défis persistants auxquels le gouvernement est confronté dans sa lutte contre la délinquance, en particulier celle visant les mineurs.
Les répercussions de cette affaire sur la politique de sécurité et la gestion des cas de violences sexuelles seront suivies de près. Les acteurs de la justice et de la police attendent des réponses claires et des actions concrètes pour éviter de futures tragédies comme celle de Lyhanna.