Une nouvelle réglementation entre en vigueur en France, touchant directement les usagers de trottinettes. Depuis le 8 août, le port d’un casque et d’un gilet réfléchissant est désormais obligatoire à Paris et dans plusieurs départements environnants. Cette initiative vise à répondre à la hausse alarmante des accidents impliquant des trottinettes.
EN BREF
- Depuis le 8 août, le port de casque et de gilet est obligatoire pour les trottinettistes à Paris.
- En 2025, 79 accidents mortels ont été enregistrés, soulignant l’urgence de ces mesures.
- Les contrevenants risquent des amendes allant jusqu’à 135 euros pour non-port du casque.
Cette décision a été prise suite à un arrêté préfectoral, en réponse à une inquiétante augmentation des accidents de la route. En effet, en 2025, 79 accidents mortels ont été recensés, une hausse significative par rapport à 34 l’année précédente. Jean-René Albertin, président de l’Association philanthropique d’action contre l’anarchie urbaine, insiste sur l’importance de rendre ces équipements de sécurité obligatoires. « Il faut absolument le rendre obligatoire, notamment pour les trottinettes, mais aussi pour les vélos », a-t-il déclaré dans une interview au 5/7 Le Morning de RMC.
Les usagers de trottinettes qui ne respectent pas cette nouvelle réglementation s’exposent à des amendes de 135 euros pour le non-port du casque, et 35 euros pour le non-port du gilet. Cette mesure, déjà en vigueur dans d’autres départements comme l’Yonne et les Alpes-Maritimes, pourrait bientôt être étendue à l’ensemble du territoire français.
À Toulon, où l’obligation n’est pas encore en vigueur, il est difficile de croiser un conducteur de trottinette portant un casque. Christine, une usagère de 58 ans, admet que cette réglementation est bénéfique : « On ne sait jamais, on peut être fauché à tout moment », mais elle n’a pas de casque ni de gilet. Cela soulève des questions sur la prise de conscience des risques liés à l’utilisation de trottinettes.
Jean-René Albertin met en garde contre les dangers encourus par les conducteurs. « Sur une trottinette, le point d’équilibre n’est pas respecté », explique-t-il, soulignant que les chutes peuvent être particulièrement graves. Zara, une jeune usagère, témoigne de sa propre expérience : « J’avais mal à la tête pendant trois jours » après une chute sans protection.
Malgré la nécessité de ces mesures de sécurité, certaines voix s’élèvent contre cette réglementation. Rayan, 18 ans, estime que porter un casque sur une trottinette est inutile. Un avis qui inquiète la Ligue contre la violence routière. Pierre Lagache, vice-président de l’association, réclame une généralisation de ces mesures : « On attend de l’État qu’il fixe cette règle », déclare-t-il.
Jean-René Albertin souligne également que la loi ne suffira pas à modifier les comportements. « Il faut faire respecter cette loi, sinon cela ne sert à rien », avertit-il. Sans une application réelle des amendes, les efforts de prévention risquent de rester vains.
Virginie, infirmière en bloc opératoire, partage son inquiétude face à l’absence de protections. « C’est aberrant de voir des gens sans casque, les gens n’en portent jamais et roulent à toute vitesse », affirme-t-elle, rappelant un accident de vélo d’un ami qui a failli perdre un œil. Elle considère cette responsabilité comme individuelle et collective, soulignant que le coût des accidents pèse sur la société.
Face à ces enjeux, la réglementation sur le port de casques et de gilets pour les trottinettes s’affirme comme une mesure nécessaire, mais son efficacité dépendra de son respect par les usagers et de la volonté des autorités de veiller à sa mise en œuvre.