À partir du mardi 11 août 2026, une nouvelle loi sur le démarchage téléphonique entre en vigueur, marquant un tournant significatif dans les relations entre entreprises et consommateurs. Fini le présupposé de consentement pour recevoir des appels commerciaux. Désormais, les entreprises doivent impérativement obtenir l’accord explicite des consommateurs avant de les solliciter par téléphone.
EN BREF
- La loi impose un consentement explicite pour tout démarchage téléphonique.
- 97 % des Français se disent agacés par le démarchage téléphonique.
- Des craintes subsistent quant à l’émergence d’autres formes de démarchage.
Cette réforme a suscité un large soulagement chez de nombreux consommateurs. En effet, selon un sondage réalisé par l’Observatoire de la consommation de Que Choisir Ensemble, 97 % des Français se déclarent agacés par le démarchage téléphonique. Cyrille Cormier, directeur du plaidoyer de l’association, a souligné l’importance de ce changement lors de son intervention sur le plateau d’Apolline Matin, en affirmant : « C’est une loi qui annule les autres parce qu’on change de philosophie. » Auparavant, les consommateurs étaient considérés comme consentants par défaut, sauf s’ils avaient inscrit leur numéro sur la plateforme Bloctel.
Les témoignages d’utilisateurs illustrent bien l’ampleur du problème. Mariama, une auditrice de RMC, a partagé son expérience : « On m’appelle cinq à six fois par jour. C’est épuisant. » Elle évoque des appels fréquents de la part de sociétés cherchant à vendre divers services, rendant la vie quotidienne difficile. Mickaël, un autre consommateur, a également exprimé son ras-le-bol face à cette situation : « C’est 3-4 fois par semaine, à des horaires pas possibles, parfois jusqu’à 20h. » Ces témoignages montrent que le démarchage téléphonique était devenu une véritable nuisance pour de nombreux Français.
Cependant, l’enthousiasme pour cette nouvelle loi est tempéré par des craintes. Certains consommateurs, comme Cédric et Mickaël, restent sceptiques. Ils redoutent que cette réglementation n’entraîne qu’un changement de méthode, avec un transfert vers d’autres canaux comme les e-mails ou les réseaux sociaux. « Cette loi, je n’y crois pas », admet Mickaël, tout en espérant qu’elle aura un impact positif.
Les experts partagent ces inquiétudes. Jérémie Schram, expert en cybersécurité chez WatchGuard Technologies, souligne que ce nouveau système de consentement pourrait être exploité par des escrocs. « Un escroc pourra s’en servir pour asseoir les éléments qui feront qu’on aura tendance à lui faire confiance au téléphone », prévient-il. Il met en garde contre le fait que des fraudeurs pourraient utiliser les informations de consentement pour tromper les victimes en se faisant passer pour des représentants d’institutions financières.
Schram évoque également des lacunes concernant les contrats en cours. Les entreprises engagées avec un fournisseur de téléphonie pourraient continuer à appeler les consommateurs pour proposer des services liés à leur contrat, une situation qui demeure floue et pourrait donner lieu à des abus. Il recommande donc aux consommateurs de rester vigilants et de signaler tout comportement suspect sur la plateforme Signal-Conso.
Pour éviter d’éventuels pièges, les experts conseillent de ne jamais fournir d’informations sensibles par téléphone. En cas de doute, il est préférable de raccrocher et de rappeler son interlocuteur habituel, qu’il s’agisse d’une banque ou d’un fournisseur d’énergie, afin de vérifier la légitimité de l’appel.
La mise en œuvre de cette nouvelle loi contre le démarchage téléphonique représente une avancée significative pour les droits des consommateurs. Toutefois, elle soulève des interrogations quant à l’adaptabilité des pratiques commerciales et à la vigilance nécessaire pour éviter les arnaques. Les consommateurs devront rester attentifs et informés pour naviguer dans ce nouveau paysage juridique.