Des maires en difficulté face aux occupations illégales de gens du voyage

Durant cet été, plusieurs maires se trouvent confrontés à des installations illégales de gens du voyage sur des terrains publics et privés. Des situations préoccupantes se multiplient, mettant en lumière les difficultés rencontrées par les élus locaux pour gérer ces occupations sans autorisation.

EN BREF

  • Des maires alertent sur l’occupation illégale de terrains par des gens du voyage.
  • Des propositions sont faites pour renforcer l’autorité des communes.
  • Les élus demandent des aides financières pour réparer les dégradations.

À Plouharnel, dans le Morbihan, la situation est particulièrement alarmante. Environ 230 caravanes se sont installées illégalement sur les dunes de la presqu’île de Quiberon, une zone protégée classée Natura 2000. Près d’Étretat, la semaine précédente, 400 membres de communautés itinérantes ont évacué un terrain suite à l’intervention des forces de l’ordre. De plus, depuis le 7 août, des caravanes sont stationnées au port de Chef-de-Baie, près de La Rochelle.

Face à cette montée des installations illégales, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a publié une tribune dans le Journal du Dimanche le 10 août. Dans celle-ci, il appelle l’État à adopter une attitude plus ferme à l’égard de ces occupations. Moudenc propose plusieurs mesures, telles que la saisie des véhicules, l’élargissement des interdictions de séjour, l’instauration de délais contraints et la possibilité pour les communes de recourir à des procédures d’expulsion accélérées.

Les élus, sur le terrain, expriment leur sentiment d’impuissance. À Herrlisheim-près-Colmar, dans le Haut-Rhin, le maire Laurent Winkelmuller témoigne de la dégradation de son stade municipal, où une centaine de caravanes se sont installées. « Avec les cales des caravanes et les piquets, le terrain est mort, » déplore-t-il. Les travaux de rénovation récents vont devoir être refaits, entraînant des coûts estimés à 50 000 euros. « Il n’y a pas d’aide, nous sommes seuls, » ajoute l’élu.

Les maires ne cachent pas leurs préoccupations quant à la gestion des dégradations. À Toulouse, Jean-Luc Moudenc avance une proposition qui suscite des réactions vives : la saisie de véhicules. « Pour garantir une indemnisation des dégradations, il faut un gage matériel, » justifie-t-il. Cette idée fait bondir Désiré Vermeche, président de l’Action Grands Passages, qui représente des citoyens itinérants. « Saisir le véhicule, c’est bien, mais qu’en est-il des gens ? Nous serions alors des étrangers à l’intérieur, » réagit-il.

Pour éviter ces occupations illégales, Vermeche plaide pour la création de lieux d’accueil décents, loin des déchetteries ou des autoroutes, qui ne sont pas attractifs pour les citoyens. Il propose également qu’un état des lieux soit réalisé par un huissier à l’arrivée et au départ des caravanes.

Concernant la situation à Plouharnel, le maire Erwan Delsaut dénonce le maintien des caravanes sur les dunes. « C’est inacceptable, nous ne pouvons pas laisser ces gens sur un site protégé. Monsieur Lambda n’aurait même pas le droit d’y séjourner, » déclare-t-il. Ce rassemblement, selon lui, est évangélique, et il souligne que les occupants sont en attente d’un pasteur gravement malade.

Le terrain occupé était un ancien camping, fermé en 2008 et reclassé en tant que zone Natura 2000 pour des raisons environnementales. « Je ne comprends pas pourquoi on laisse faire cela aujourd’hui, » s’interroge Delsaut. L’aire d’accueil dédiée, située à 15 kilomètres, pourrait accueillir ces personnes, qui se sont raccordées à une ancienne borne incendie à proximité.

Les maires s’accordent à dire qu’il est essentiel d’anticiper ces installations. « Il faut préparer la venue des gens du voyage en amont, par des terrains tampons, mais pas sur des sites protégés, » conclut Delsaut. Les occupants doivent quitter les lieux d’ici le 16 août. « J’ai grand espoir qu’ils respecteront leur parole, » termine-t-il, affichant un mélange d’espoir et de doute face à une situation complexe.