Un changement significatif s’opère pour les futurs chauffeurs de véhicules de transport avec chauffeur (VTC). Jusqu’à présent, il était possible d’obtenir une carte professionnelle sans avoir à passer d’examen, à condition de justifier d’un an d’expérience en tant que conducteur de transport de personnes au cours des dix dernières années. Toutefois, cette possibilité vient d’être abrogée par un décret publié au Journal officiel, rendant désormais l’examen obligatoire pour l’obtention de la carte.
EN BREF
- Suppression de l’équivalence pour l’obtention de la carte VTC.
- Examen obligatoire pour tous les futurs chauffeurs.
- Mesure saluée par les syndicats, mais des améliorations sont demandées.
Cette nouvelle réglementation concerne également les véhicules motorisés à deux ou trois roues, y compris les moto-taxis. Brahim Ben Ali, secrétaire général de FO-INV, le syndicat majoritaire de la profession, a exprimé son soutien à cette décision. Il a souligné que des cas de fraude avaient été constatés, où des candidats présentaient de fausses fiches de paie pour obtenir leur carte par équivalence. « Il y avait énormément de fraudes », a-t-il déclaré au micro de RMC.
Le gouvernement justifie ce changement par la nécessité de « garantir un niveau homogène de qualification entre tous les conducteurs ». Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de professionnalisation du secteur du transport public particulier de personnes, visant à renforcer le respect des réglementations en vigueur.
Cependant, pour Brahim Ben Ali, cette suppression n’est qu’un premier pas. Il insiste sur le besoin d’une formation et d’un examen plus rigoureux. « On demande à renforcer l’examen, pour éviter que ce métier soit accessible à tous », a-t-il précisé, soulignant que de nombreux candidats suivent des formations « complètement bâclées ».
Fali, un chauffeur VTC avec trois ans d’expérience, partage également cette opinion. Il a exprimé son accord avec la fin de l’équivalence, expliquant que la dégradation de la profession est en partie due à la pression des plateformes qui cherchent à recruter un maximum de chauffeurs, indépendamment de leur expérience. Il a dénoncé les commissions élevées prélevées par ces plateformes, qui peuvent aller jusqu’à 45 % sur une course.
Pour illustrer son propos, il a évoqué une course récente où la plateforme a facturé 70 € au client mais n’a reversé que 30 € au chauffeur. Fali soutient que l’arrivée de chauffeurs par équivalence contribue à déséquilibrer le marché. « Des chauffeurs d’autobus ou des ambulanciers se lancent sans véritable formation », a-t-il déploré, précisant que ces pratiques nuisent à l’image de la profession.
Cependant, la suppression de l’équivalence ne fait pas l’unanimité. Martial, dirigeant d’une entreprise VTC, a reconnu que cette mesure était positive, mais il estime que le gouvernement n’est pas allé assez loin. Selon lui, toutes les expériences professionnelles ne devraient pas être considérées de la même manière. « On met tout dans le même panier », a-t-il critiqué, faisant allusion aux différences entre les chauffeurs de limousine et ceux travaillant pour des plateformes.
Martial a également fait remarquer que certains chauffeurs possédaient une solide expérience dans le transport touristique et pourraient exceller en tant que chauffeurs VTC. « Certains parlent plusieurs langues et sont capables de bien accueillir la clientèle étrangère », a-t-il ajouté.
Il conclut en soulignant la nécessité de réglementer le secteur pour éviter que des personnes sans formation adéquate n’entrent sur le marché, tout en se demandant pourquoi on limiterait l’accès à des chauffeurs qualifiés alors qu’il existe une pénurie de véritables professionnels.
La dynamique actuelle semble donc suggérer un mouvement vers une professionnalisation accrue des chauffeurs VTC, avec des attentes de qualité en matière de formation et de compétences. Les discussions autour de ces changements témoignent d’un secteur en mutation, où les enjeux de qualification et de rémunération restent au cœur des préoccupations.