Réforme des APL : les associations étudiantes s’inquiètent des conséquences sur l’autonomie

Un rapport commandé par le gouvernement suscite de vives inquiétudes parmi les organisations étudiantes. Il propose d’intégrer les revenus des parents dans le calcul des aides personnalisées au logement (APL) des étudiants. Cette mesure, selon les opposants, pourrait menacer l’autonomie financière des jeunes en situation d’études.

EN BREF

  • Le rapport gouvernemental recommande d’inclure les revenus parentaux dans le calcul des APL.
  • 310 000 foyers d’étudiants pourraient voir leurs aides diminuer, dont 200 000 perdraient totalement ce soutien.
  • Les associations estiment que la réforme fragiliserait la situation des étudiants, notamment les plus précaires.

Le rapport intitulé Revue de dépenses relative à l’efficacité des politiques familiales, élaboré par les inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas), propose d’améliorer le caractère redistributif des APL en prenant en compte les ressources des parents. Une telle réforme pourrait générer des économies de 550 millions d’euros pour l’État. Actuellement, les étudiants peuvent être rattachés au foyer fiscal de leurs parents jusqu’à 25 ans, mais leurs revenus ne sont pas pris en compte pour le calcul des APL. En 2021, 700 000 foyers avaient au moins un étudiant bénéficiant de cette aide, dont le montant moyen s’élevait à 200 euros, pour un coût total de 1,65 milliard d’euros.

Ce changement pourrait avoir des répercussions significatives. En effet, l’inclusion des ressources parentales dans le calcul des APL pourrait entraîner une baisse des aides pour 310 000 foyers, soit 44 % des bénéficiaires, dont 200 000 perdraient totalement l’accès à cette aide. Ces chiffres suscitent une réaction immédiate de la part des organisations étudiantes.

Pour l’Union étudiante, cette proposition s’inscrit dans une logique de mesures antisociales, visant à asphyxier les étudiants les plus précaires. Dans un communiqué, l’association a exprimé ses craintes concernant les conséquences de cette réforme, qui pourrait entraîner la mise à la rue de dizaines de milliers d’étudiants, compromettant ainsi leur parcours académique. L’organisation souligne que le système actuel garantit une autonomie essentielle pour les jeunes, notamment pour ceux en rupture familiale.

De son côté, l’Union nationale des étudiants de France (Unef) qualifie cette mesure de « cynique et grave », en soulignant qu’elle constituerait une barrière supplémentaire à l’accès au logement et à l’autonomie. L’Unef appelle le gouvernement à ne pas intégrer ces recommandations dans le budget 2027, avertissant que cela aurait des conséquences désastreuses pour l’avenir des étudiants.

Outre cette réforme des APL, le rapport propose une dizaine d’autres recommandations visant à réaliser 4,2 milliards d’euros d’économies sur une période de dix ans, dont 2,5 milliards à court terme. Cette perspective d’économies, si elle est mise en œuvre, pourrait radicalement changer le paysage de l’aide au logement pour les étudiants.

Face à cette situation, les associations étudiantes se mobilisent et lancent des appels à l’action, espérant influencer les décisions gouvernementales. Dans un contexte où le coût de la vie étudiante ne cesse d’augmenter, les inquiétudes grandissent quant à l’avenir des jeunes au sein du système éducatif français.