La vie étudiante en France : une hausse alarmante de 74 euros par mois selon l’Unef

À l’approche de la rentrée universitaire, les étudiants français sont confrontés à une augmentation significative de leurs dépenses. Selon la 22e édition de l’enquête annuelle de l’Union nationale des étudiants de France (Unef), le coût de la vie étudiante a crû de 74 euros en moyenne par mois par rapport à l’année précédente, ce qui représente une dépense annuelle totale de 888 euros. Cette étude, révélée par RMC le 17 août, met en lumière la précarité croissante des étudiants.

EN BREF

  • Augmentation du coût de la vie étudiante de 74 euros par mois.
  • Le reste à charge par étudiant dépasse le seuil de pauvreté.
  • La hausse des loyers et des prix des transports impacte gravement le quotidien des étudiants.

Pour la première fois, le reste à charge par étudiant dépasse le seuil de pauvreté en France, fixé à 1.288 euros. Cette situation est particulièrement préoccupante, car elle souligne l’échec des politiques publiques en matière de soutien aux étudiants. Les coûts liés au logement, qui constituent la principale dépense des étudiants, ont augmenté de plus de 2,8 % dans le secteur privé cette année.

Julie, étudiante à Nancy, témoigne de cette réalité : « Quand je suis arrivée, il y a trois ans, le loyer était à 660 euros. Maintenant, à deux, on est aux alentours de 710. » Cette hausse des loyers contraint de nombreux étudiants à faire des sacrifices importants, notamment en matière de soins et d’alimentation. Manon Moret, secrétaire générale de l’Unef, souligne : « Quand on est étudiant, on doit renoncer à certains besoins qui sont les soins et l’alimentation lorsque l’on doit financer notre logement. »

En plus de l’augmentation des loyers, les prix des transports et des denrées alimentaires continuent de grimper. Julie évoque une tendance de plus en plus fréquente : « Dans les courses, on se dirige de plus en plus vers les sous-marques pour réussir à garder les mêmes prix et le même budget. » Cette adaptation face à la hausse des prix est devenue une nécessité pour de nombreux étudiants.

Pour faire face à ces défis financiers, certains étudiants comme Inès, étudiante en soins infirmiers, se voient contraints de travailler durant l’été. « Je travaille 50 ou 60 heures par semaine et je suis épuisée. Je n’ai pas vu ma famille de tout l’été parce que je travaille, j’ai besoin d’argent », explique-t-elle. La charge de travail associée à des études déjà exigeantes rend la situation d’autant plus difficile. Inès ajoute : « La fac est déjà prenante physiquement et émotionnellement, des fois on a juste envie de souffler, mais on ne peut pas souffler. »

Cette nécessité de travailler en parallèle des études représente un obstacle supplémentaire à la réussite académique. Manon Moret met en avant un constat inquiétant : « Le salariat étudiant est la première raison d’échec à l’université. Les réussites universitaires sont mises en danger par ces boulots de 25/30/35 heures par semaine. »

En dix ans, depuis 2017, le coût de la vie étudiante a augmenté de plus de 35 %. « C’est un chiffre énorme, qui montre bien aussi l’échec d’Emmanuel Macron à faire baisser la précarité étudiante », souligne Alice de Brito, vice-présidente de l’Unef. Ce constat témoigne d’une situation alarmante qui nécessite une attention urgente de la part des décideurs politiques.

Enfin, l’Unef s’inquiète également d’une augmentation généralisée des frais d’inscription, une mesure préconisée par le rapport des assises du financement des universités. Cette perspective pourrait aggraver encore davantage la situation des étudiants, déjà fragilisés par des coûts de la vie en forte hausse. La rentrée universitaire s’annonce donc particulièrement difficile pour des milliers d’étudiants à travers le pays.