Netanyahou fixe des conditions pour le désarmement du Hamas avant le retrait de Gaza

Le 30 octobre 2025, lors d’une rencontre entre Benyamin Netanyahou et Jared Kushner, les États-Unis et Israël ont établi les bases d’un dispositif visant à encadrer le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza. Un haut responsable israélien a confirmé que cette initiative stipule qu’un général américain supervisera la remise et la mise hors service des armes détenues par le mouvement palestinien.

EN BREF

  • Un général américain supervisera le désarmement du Hamas en Gaza.
  • Netanyahou refuse toute reconstruction avant le désarmement complet.
  • Les tensions restent fortes en Israël sur la gestion des opérations à Gaza.

Cette rencontre est perçue comme une étape décisive pour toute évolution future dans la région. Selon le responsable israélien, Netanyahou et Kushner ont convenu qu’aucun redéploiement ni aucune reconstruction ne seraient envisageables tant que le Hamas n’aurait pas désarmé intégralement le territoire. La première phase de ce processus consisterait à demander au Hamas de remettre ses armes, qui seront mises hors service sous la supervision d’un général américain.

Cette discussion intervient après que Netanyahou a rejeté le dernier volet du plan américain pour sortir de la guerre à Gaza. En effet, le Hamas avait accepté, fin juillet, une feuille de route qui stipule son désarmement et le retrait israélien du territoire, dont plus de 60 % est actuellement occupé par Israël. Initialement, ce plan prévoyait que le désarmement soit supervisé par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), composé de technocrates palestiniens.

Jared Kushner, émissaire américain, a également rencontré, le dimanche précédent, des responsables du Hamas, un événement rare. Lors de cet échange, il a exigé des mesures « vérifiables » concernant le désarmement et a souligné qu’il ne doit y avoir aucun rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza. Depuis 2007, le Hamas contrôle cette région et a annoncé en juillet son intention de dissoudre son administration civile pour transférer ses responsabilités au NCAG.

Les discussions diplomatiques se poursuivent dans un contexte où le cessez-le-feu, établi en octobre 2025, demeure fragile. Le Hamas réclame que des pressions soient exercées sur Netanyahou pour avancer vers la deuxième phase du plan américain. Parallèlement, Kushner a rencontré le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi ainsi que des responsables du Qatar et de Turquie, des pays jouant un rôle clé dans les efforts de médiation.

En Israël, les divergences au sein du gouvernement sur la conduite des opérations à Gaza demeurent marquées. Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale et allié de Netanyahou, a exprimé son souhait de poursuivre les frappes ciblées. Dans un récent podcast, il a plaidé pour la réalisation d’éliminations ciblées chaque nuit à Gaza, suggérant d’éliminer 30 ou 40 cibles.

Alors que la tension entre Israël et le Hamas persiste, les deux parties continuent de s’accuser mutuellement de violations du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, rendant la situation encore plus complexe.