Le nom de ZeroBytes émerge comme l’un des acteurs majeurs d’une cyberattaque qui a ciblé les données fiscales en France. Ce duo de pirates informatiques, déjà connu pour d’autres intrusions, a indiqué à l’Agence France Presse, le 17 août, avoir vendu les informations volées, mais les détails de cette transaction restent flous.
EN BREF
- ZeroBytes a revendiqué avoir vendu des données fiscales volées à deux acheteurs.
- La DGFIP a confirmé le vol de données touchant plus de 678 000 personnes.
- Une enquête est ouverte, et le groupe risque jusqu’à sept ans de prison.
Dans une conversation sur Telegram, ZeroBytes a affirmé qu’ils n’avaient pas de motivation précise pour leurs actions, à part l’argent. Ils ont précisé que les données sont toujours disponibles à la vente, ce qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité des informations personnelles. Les fichiers concernés contiennent des données sensibles, notamment les noms, revenus fiscaux et taux de prélèvement à la source de nombreux contribuables.
La Direction générale des finances publiques (DGFIP) a confirmé avoir subi deux intrusions majeures, l’une fin juin et l’autre fin juillet. Ces attaques ont permis aux hackers d’accéder à des données concernant au moins 678 000 particuliers et environ 200 000 comptes cadastraux. Ces informations, bien que certaines soient considérées comme moins sensibles, pourraient être utilisées à des fins frauduleuses.
Les méthodes de ZeroBytes
Pour réaliser leur première attaque, ZeroBytes a prétendu avoir accédé à un réseau privé virtuel (VPN) utilisé par les agents du fisc, leur permettant ainsi de siphonner près de 680 000 lignes de données avant que l’administration ne se rende compte de l’intrusion. La deuxième attaque, survenue un mois plus tard, a été décrite comme plus sophistiquée et a ciblé le Serveur professionnel de données cadastrales (SPDC), qui contient des informations sur les propriétés immobilières.
Cette situation alimente les craintes d’escroqueries ciblées, car les hackers ne profitent généralement pas directement des données volées. Ces dernières sont souvent revendues à des escrocs qui les exploitent pour réaliser des fraudes. La DGFIP a commencé à contacter les usagers concernés pour les avertir des risques potentiels.
Des antécédents inquiétants
Avant de se concentrer sur le fisc, ZeroBytes avait déjà revendiqué plusieurs cyberattaques, notamment contre des supermarchés et une fédération sportive. Ils ont également affirmé avoir volé des données d’un grand opérateur téléphonique et d’un groupe hôtelier, bien que ces attaques n’aient pas été confirmées par les entreprises visées. Ce type d’attaques semble s’inscrire dans une tendance plus large, où les organisations françaises sont fréquemment ciblées en raison de leur supposée vulnérabilité.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « extraction frauduleuse de données » et « association de malfaiteurs ». Le Premier Ministre, Sébastien Lecornu, a convoqué une réunion de crise interministérielle pour aborder cette situation alarmante. Les conséquences de ces intrusions pourraient être lourdes, tant pour les victimes que pour les hackers, qui risquent de lourdes peines d’emprisonnement.
Alors que la menace cybernétique continue de croître, l’affaire ZeroBytes soulève des questions sur la sécurité des données et la protection des informations personnelles des citoyens. À l’heure où la digitalisation s’accélère, il est essentiel que des mesures adéquates soient mises en place pour prévenir de telles intrusions à l’avenir.