Matthieu Lartot, journaliste sportif reconnu sur France Télévisions, a récemment partagé son expérience personnelle face à la maladie. Dans une démarche de transparence, il a choisi d’aborder avec ses enfants la réalité de son combat contre le cancer, un choix qu’il n’a pas pris à la légère.
EN BREF
- Matthieu Lartot a annoncé à ses enfants son combat contre un cancer récidivant.
- Il ressent une culpabilité liée à la transmission potentielle de la maladie.
- Le journaliste souligne l’importance de la transparence dans les relations familiales.
Tout commence pour Matthieu Lartot à l’âge de 17 ans, lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’un cancer rare du genou. Après une première bataille, il pense avoir tourné la page. Pourtant, le retour de la maladie, 26 ans plus tard, a bouleversé sa vie. Cette fois, les médecins lui annoncent une récidive avec des possibilités de traitement limitées. L’amputation de sa jambe droite devient nécessaire pour espérer la survie.
Confronté à cette nouvelle réalité, Matthieu Lartot a choisi de ne pas masquer la vérité à ses enfants, Noah, 20 ans, et Jeanne, 15 ans. « Je voulais être parfaitement transparent avec eux », explique-t-il, soulignant l’importance d’une communication ouverte. Ce choix est en partie influencé par son propre vécu d’adolescent malade, où il aurait souhaité que ses parents lui parlent franchement de sa condition.
Malgré sa volonté de transparence, Matthieu Lartot admet que cette conversation a été très difficile. Le diagnostic de son cancer était déjà avancé, ce qui rendait la situation d’autant plus délicate. « Je n’avais que deux séances de quatre jours de chimio possibles avant l’amputation », précise-t-il, illustrant l’urgence de la situation.
La charge émotionnelle ne s’arrête pas là. Annoncer sa maladie à ses parents, désormais retraités, a également constitué un moment de tension. « Leur dire n’a pas été simple non plus », reconnaît-il, conscient des implications affectives de cette nouvelle.
Au-delà des aspects physiques de la maladie, Matthieu Lartot évoque une blessure psychologique plus profonde : la culpabilité de transmettre un potentiel gène de la maladie à ses enfants. « J’ai fortement ressenti de la culpabilité. À un moment donné, je me suis dit, en tant que père : ‘J’ai peut-être donné ce gène-là à mes enfants’ », confie-t-il, une pensée qu’il qualifie de difficile à accepter.
Cette angoisse a été atténuée par les avancées en oncogénétique, qui permettent d’évaluer les risques héréditaires. Matthieu Lartot a laissé à ses enfants le choix de se soumettre à des tests génétiques, respectant leur autonomie face à une question si personnelle. « Mon fils Noah n’a pas souhaité faire le test pour l’instant », indique-t-il, tandis que pour Jeanne, la décision reste à venir, lorsque elle se sentira prête.
Ce témoignage de Matthieu Lartot s’inscrit dans un mouvement plus large de personnalités qui choisissent de parler ouvertement du cancer. Des figures publiques comme Yaël Braun-Pivet et Bernard de La Villardière participent à cette dynamique, qui vise à briser les tabous autour de la maladie.
En abordant ces sujets difficiles, Matthieu Lartot et d’autres contribuent à une meilleure compréhension de l’impact émotionnel du cancer sur les familles. Leur parole permet d’ouvrir le dialogue et d’apporter un soutien à ceux qui traversent des épreuves similaires.