Michel Mallory, parolier et ami proche de Johnny Hallyday pendant près de cinquante ans, a décidé de briser le silence qui l’entourait. Sa volonté ? Mettre fin aux amalgames et aux rumeurs qui ont longtemps terni l’image du chanteur, icône de la musique française. Johnny Hallyday, décédé le 5 décembre 2017, a été au cœur de nombreuses controverses, notamment en ce qui concerne ses addictions. Face à cette situation, Mallory, âgé de 85 ans, a choisi de s’exprimer à travers son livre La véritable histoire de La musique que j’aime, qui sortira en mars 2026.
EN BREF
- Michel Mallory, ami de Johnny Hallyday, publie un livre pour rétablir la vérité sur le chanteur.
- Il dénonce les rumeurs sur la toxicomanie de Hallyday, le qualifiant d’« ivrogne » mais pas de « drogué ».
- Le livre retrace plus de cinquante ans d’amitié et de collaborations musicales.
Dans une interview accordée à Corse-Matin, Mallory explique son choix de prendre la parole. Il dénonce ce qu’il considère comme un « cirque médiatique insupportable » qui a suivi la disparition de Johnny. La multiplication des accusations d’addictions, en particulier sur une prétendue toxicomanie, a été le déclencheur de son témoignage. Il se veut clair : « Je peux vous le dire, c’est faux. C’était un ivrogne mais pas un drogué. » Ces propos visent à rétablir une vérité que Mallory estime indispensable pour rendre hommage à son ami.
Le livre, dont la préface est signée par David Hallyday, promet de revisiter la complexité du personnage qu’était Johnny Hallyday. Mallory se souvient d’un homme tiraillé entre force et fragilité, un artiste à la fois généreux et complexe. Il souligne : « Il était à la fois pudique, sentimental, menteur, taiseux, séducteur, extrêmement généreux et surtout bourré de charme et de talent. » Cette vision nuancée éclaire d’un jour nouveau un homme qui, derrière les projecteurs, vivait des combats personnels intenses.
À travers son récit, Mallory souhaite aussi offrir un espace de réhabilitation à Johnny Hallyday. Il évoque la nécessité d’une mémoire apaisée. « Ce livre m’a aidé à faire mon deuil, en me ramenant vers une période plus claire, plus lumineuse de sa vie », confie-t-il. Loin de l’image d’un homme consumé par ses excès, Mallory présente un homme qui a toujours su surmonter ses épreuves grâce à la musique.
Les souvenirs partagés dans La véritable histoire de La musique que j’aime plongent le lecteur dans l’intimité de leur amitié. Mallory raconte leur première collaboration, avec le tube La musique que j’aime, écrit et enregistré au Royaume-Uni en 1973. Ce succès a marqué le début d’un partenariat fructueux, propulsant les deux hommes sur le devant de la scène musicale française.
Un autre souvenir marquant évoqué par Mallory remonte à 2016, lors d’un concert à Bruxelles. Quelques heures avant de monter sur scène, Johnny Hallyday semblait physiquement épuisé. Mallory se souvient de l’avoir vu « avoir l’air d’avoir 250 ans », mais une fois sur scène, Johnny a donné le meilleur de lui-même. Mallory, ému, raconte : « Il a fait le concert de sa vie, avec une énergie folle. Il m’a fait pleurer à chaudes larmes. C’était ça, Johnny. » Ce contraste entre la fatigue et la puissance scénique illustre la passion qui habitait le chanteur.
À travers son témoignage, Michel Mallory offre une défense sincère de Johnny Hallyday, cherchant à dissocier l’alcoolisme de l’usage de drogues, tout en rappelant l’humanité qui se cachait derrière le mythe. « Peu de gens imaginaient chez lui cette forme d’humilité, de doute, qui le rendait profondément humain », conclut Mallory. Son livre et ses propos viennent ainsi redonner une dignité à la mémoire de celui que beaucoup considèrent comme le « Taulier » de la chanson française.
Michel Mallory ne se contente pas de défendre son ami, il propose une plongée dans un univers complexe, où l’artiste est présenté dans toute sa richesse. Loin des clichés, l’ouvrage promet une vision intimiste et authentique de Johnny Hallyday, un homme dont les zones d’ombre ne doivent pas occulter son immense talent et son humanité.