Lors d’une récente déclaration, Manuel Bompard, député de La France Insoumise des Bouches-du-Rhône, a affirmé qu’il y a actuellement « quatre fois plus de feux de forêt qu’il y a 20 ans ». Cependant, cette affirmation mérite d’être nuancée, car les données disponibles montrent que la réalité est bien plus alarmante.
EN BREF
- La déclaration de Manuel Bompard sur les feux de forêt est inexacte.
- Selon les données européennes, le nombre de feux a été multiplié par 29 en 20 ans.
- Les pompiers, bien que plus sollicités, n’ont pas vu leur nombre augmenter de manière significative.
Pour étayer ses propos, M. Bompard a évoqué une augmentation significative du travail des pompiers, indiquant que le nombre d’interventions annuelles avait augmenté d’un million. En effet, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, le nombre total d’opérations de secours a grimpé à 4 890 000 en 2025, contre 3 827 300 en 2005. Cela représente une hausse notable, mais pas nécessairement un million d’interventions supplémentaires par an, comme le député l’a sous-entendu.
En ce qui concerne les feux de forêt, M. Bompard se réfère à un chiffre concernant les hectares brûlés. Il a noté que 41 000 hectares avaient été ravagés depuis le début de l’année 2026 jusqu’à la mi-juillet, ce qui est effectivement plus de quatre fois la moyenne de 9 000 hectares observée au cours des vingt dernières années. Cependant, il semble qu’il ait confondu le nombre d’incendies avec la superficie brûlée.
Pour une analyse plus précise, il est essentiel de se référer au Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), qui a enregistré 349 feux en 2026, contre seulement 12 en 2006. Cela représente une hausse de 29 fois, ce qui est considérablement plus élevé que le chiffre avancé par M. Bompard.
Il est également important de noter que les données peuvent varier en fonction des sources. La base de données publique sur les incendies de forêts en France, gérée par le Ministère de la Transition écologique, indique que 1 871 incendies avaient été dénombrés en 2005, tandis que 2 541 incendies ont été enregistrés en 2025. Cela représente une augmentation d’environ 30 % sur cette période, mais pas une multiplication par quatre comme l’a déclaré le député.
Cette confusion souligne l’importance d’une communication claire et précise lorsqu’il s’agit de données environnementales. Les chiffres concernant les incendies de forêt sont cruciaux pour comprendre l’évolution des menaces écologiques et pour orienter les politiques publiques en matière de prévention et de lutte contre les incendies.
En somme, la réalité des feux de forêt en France est plus complexe qu’il n’y paraît. Les affirmations doivent s’appuyer sur des données vérifiées et comparables, afin d’éviter toute désinformation qui pourrait entraver les efforts de lutte contre ce fléau.