Une carte bancaire périmée pourrait ne pas être aussi inutilisable qu’on le pense. Des chercheurs de l’université du Massachusetts Amherst ont mis en lumière une faille dans le système de sécurité du réseau Visa, permettant d’effectuer des paiements avec des cartes expirées. Cette découverte soulève des questions importantes sur la sécurité des transactions bancaires.
EN BREF
- Des chercheurs ont prouvé que des cartes périmées peuvent être utilisées pour des paiements.
- Le système Visa présente une vulnérabilité exploitée par une technique accessible.
- Cette faille soulève des interrogations sur la sécurité des banques et des terminaux de paiement.
Le procédé mis en avant par les chercheurs, intitulé « Zombie Card », repose sur une manipulation technique qui utilise deux smartphones modifiés. L’un d’eux capte les données de la puce de la carte via la technologie NFC, tandis que l’autre communique avec le terminal de paiement. Ce relais numérique permet de modifier la date d’expiration d’une carte périmée, la rendant ainsi utilisable pour des achats allant jusqu’à 500 dollars.
Cette technique a été testée avec succès sur plusieurs terminaux et auprès de cinq grandes banques américaines. Les résultats sont préoccupants : une institution financière sur cinq a laissé passer des transactions effectuées avec des cartes expirées, indiquant une faille dans les vérifications de sécurité habituelles.
Les chercheurs, Raja Hasnain Anwar, Gerard DeCunha et Muhammad Taqi Raza, ont alerté Visa dès mai 2025 sur cette vulnérabilité, fournissant un rapport détaillé et des preuves concrètes. Malgré leurs efforts, aucune réaction significative n’a été observée jusqu’à présent, et aucune solution corrective n’a été mise en place.
Il est intéressant de noter que cette faille ne concerne pas d’autres réseaux de paiement comme Mastercard ou American Express, qui intègrent la date d’expiration dans leurs mécanismes de vérification cryptographique. Ainsi, toute tentative de manipulation échoue automatiquement avec ces systèmes. Cette différence souligne une potentielle faiblesse dans l’architecture de sécurité de Visa, qui pourrait avoir des conséquences graves.
En France, le plafond de 50 euros par transaction sans contact réduit le risque financier pour les utilisateurs. De plus, les banques françaises renouvellent le numéro de carte à chaque réémission, ce qui théoriquement rend les anciennes cartes inactives. Cependant, les utilisateurs sont invités à être prudents, car le simple fait de jeter une carte périmée sans la détruire correctement peut toujours poser un risque.
Il est désormais conseillé de découper la carte de manière à endommager la puce EMV, une pratique que beaucoup pourraient négliger. Cette situation met en lumière une réalité importante : la sécurité des transactions financières repose sur des infrastructures techniques qui peuvent présenter des failles. Dans un monde où la monnaie numérique est de plus en plus omniprésente, la vigilance est de mise.
En somme, cette affaire soulève des questions cruciales sur la responsabilité des banques et des fabricants de terminaux dans la protection des consommateurs. Dans un contexte où la confiance dans le système financier est essentielle, il est impératif que des mesures soient prises pour renforcer la sécurité des transactions.