Le débat sur la taxation des héritages s’intensifie à l’approche de la campagne présidentielle. La CFDT a récemment proposé d’instaurer une taxation « dès le premier euro » de succession, une mesure qui risque de concerner même les héritages les plus modestes. En revanche, La France insoumise (LFI) suggère d’exempter de taxes les héritages en dessous de 12 millions d’euros, comme l’a souligné Mathilde Panot sur RMC-BFM.
EN BREF
- La CFDT propose une taxation immédiate sur les successions, même modestes.
- La chroniqueuse Laura Warton Martinez appelle à une exonération de la résidence principale.
- Les ultra-riches sont souvent peu impactés par la fiscalité sur les héritages.
Actuellement, chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 euros par parent. Cela signifie que si la valeur de l’héritage est inférieure à ce seuil, l’héritier n’a pas à payer de taxes. Toutefois, cette mesure ne satisfait pas tout le monde. Laura Warton Martinez, chroniqueuse sur les Grandes Gueules, critique la proposition de la CFDT et plaide pour une exemption totale de taxes sur la résidence principale, arguant que beaucoup d’héritiers se retrouvent dans des situations financières délicates.
Elle évoque le cas d’une amie de 35 ans, contrainte de vendre l’héritage familial pour échapper à des frais de succession, ce qui la condamne à rester locataire. « Il est inacceptable de devoir vendre sa maison pour payer des impôts », déclare-t-elle. Pour Warton Martinez, le système actuel, avec un abattement de 100 000 euros, ne répond pas aux réalités de nombreuses familles.
Les donations de leur vivant sont une stratégie adoptée par certains Français pour contourner les frais de succession sur leur résidence principale. Actuellement, il est possible de donner jusqu’à 100 000 euros par enfant tous les 15 ans. Ainsi, un couple peut transmettre, sans impôt, un bien d’une valeur de 200 000 euros à un enfant.
Ghislaine, qui a perdu sa mère en mars 2025, illustre à son tour cette problématique. Elle se retrouve avec un appartement estimé à 150 000 euros, mais doit tout de même faire face à 8 000 euros de frais de succession, malgré l’abattement de 100 000 euros.
Charles Consigny, avocat, met en avant une autre dimension du problème : selon lui, le système actuel désavantage les classes moyennes et supérieures, qui paient proportionnellement davantage de taxes. « Les ultra-riches, eux, parviennent souvent à échapper à cette fiscalité grâce à des stratégies d’optimisation fiscale », ajoute-t-il. Consigny appelle à une réforme de la fiscalité sur les héritages, notamment en augmentant la charge pour les plus riches afin de rétablir une certaine équité.
Les alternatives proposées par les différents acteurs de ce débat soulignent un besoin urgent de repenser la fiscalité sur les successions en France, afin de répondre aux enjeux économiques et sociaux actuels. Le choix entre une taxation dès le premier euro ou une exonération sur la résidence principale pose des questions fondamentales sur la justice fiscale et la solidarité intergénérationnelle.