À huit mois de l’élection présidentielle de 2027, François Hollande, ancien président de la République, semble envisager un retour sur le devant de la scène politique. Toutefois, la candidature de Raphaël Glucksmann pourrait compliquer ses ambitions.
EN BREF
- François Hollande pourrait envisager un retour à l’Élysée en 2027.
- Raphaël Glucksmann se présente à la primaire du pôle socialiste.
- Hollande préfère observer les dynamiques avant de se lancer.
François Hollande, qui n’a pas encore officialisé sa candidature, multiplie les gestes qui pourraient laisser penser à un retour. Après un été dynamique, où il a été vu aux côtés de sa compagne Julie Gayet et a participé à divers événements politiques, l’ex-président publiera un livre intitulé Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche, le 3 septembre prochain. Par ailleurs, il est attendu à l’université d’été du Parti socialiste à Blois, suivi d’un débat avec Édouard Philippe. Une proche de Hollande a même déclaré au Nouvel Obs que ces actions sont le signal d’un retour imminent.
Cependant, l’ancien chef de l’État reste prudent. Selon ses propres mots, la présidentielle ne se jouera réellement qu’à partir de décembre ou janvier. Cela lui permet de jauger les autres candidats, en particulier Raphaël Glucksmann, le fondateur de Place publique, qui a annoncé sa participation à la primaire du pôle socialiste prévue pour mi-octobre. Contrairement à Glucksmann, François Hollande a déjà indiqué qu’il ne participerait pas à cette primaire, préférant occuper le terrain médiatique pendant que les socialistes se battent pour leur candidature.
Une sénatrice socialiste a décrit la stratégie de Hollande avec une métaphore malicieuse : « Il attend tel le gros matou près de la cheminée que la souris passe sous son nez. » Officiellement, Hollande ne souhaite pas nuire à Glucksmann. Ses proches affirment que l’ancien président ne jouera pas le rôle de celui qui saborde la campagne d’un adversaire. Avant l’été, Hollande avait lui-même déclaré : « Si Raphaël Glucksmann rencontre une dynamique et que sa ligne me convient, pourquoi irais-je l’entraver ? » Les deux hommes ont d’ailleurs été vus ensemble à plusieurs reprises récemment.
En privé, toutefois, la confiance de Hollande dans les chances de Glucksmann semble moins forte. Il aurait exprimé des doutes concernant la possibilité pour Glucksmann d’atteindre le second tour, estimant que le ticket d’entrée serait fixé à 20 % des voix. « Glucksmann ne fera pas 20 % », aurait-il confié à un ancien ministre socialiste. De son côté, même si les sondages actuels placent Hollande à environ 8 % des intentions de vote, son entourage reste optimiste, y voyant une base solide qui pourrait lui permettre de patienter avant de décider de sa candidature.
Le paysage politique français se prépare ainsi à accueillir des personnalités aux ambitions diverses, tandis que François Hollande continue de peser ses options avec prudence. Sa capacité à se réinstaller sur la scène politique dépendra en grande partie de la dynamique qui émergera au sein du Parti socialiste et des performances des candidats en lice.