Il y a six mois, le 28 février 2026, Donald Trump annonçait le lancement d’« opérations de grande ampleur » contre l’Iran, visant à « défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes que représente le régime iranien ». Ce jour-là, les États-Unis et Israël ont initié l’opération « Epic Fury », une offensive militaire censée éradiquer le spectre nucléaire iranien et renverser le régime.
EN BREF
- Trump a lancé des opérations militaires en Iran, mais le conflit s’enlise.
- Les élections de mi-mandat approchent, les républicains craignent les conséquences politiques.
- Les prix de l’essence augmentent, devenant un enjeu central de la campagne électorale.
Six mois après le début de cette offensive, les États-Unis se retrouvent piégés dans un conflit prolongé, ce qui suscite des inquiétudes au sein du camp républicain à l’approche des élections de mi-mandat. Les dernières déclarations de Donald Trump, oscillant entre promesses de retrait rapide et menaces d’escalade, alimentent cette anxiété. En effet, le président a affirmé à plusieurs reprises que l’intervention serait de courte durée, mais la réalité sur le terrain contredit ces affirmations.
Le 9 mars, alors que les opérations militaires se poursuivaient, Trump louait l’efficacité de son « armée formidable » et promettait que ce ne serait qu’une « incursion de courte durée ». Pourtant, la situation s’est rapidement détériorée. Le 25 mars, les États-Unis ont proposé un plan en quinze points à l’Iran, mais moins d’une semaine plus tard, Trump déclarait que la guerre prendrait fin dans deux semaines. Le lendemain, son discours changeait radicalement, exprimant une volonté d’intensifier les frappes contre l’Iran.
Face à un problème qu’il a lui-même contribué à engendrer — la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran — Trump a décidé de lancer un ultimatum. Le 8 avril, il annonçait un cessez-le-feu de deux semaines, conditionné à la réouverture du détroit. Depuis lors, sa communication a souvent été marquée par des contradictions, oscillant entre la promesse d’un accord et des menaces de destruction.
En outre, Trump a tenté de changer de stratégie. En déclarant sur Truth Social un « D-Day économique », il a proposé d’isoler économiquement l’Iran, menaçant les pays qui continueraient à soutenir Téhéran. Cette approche vise à réduire les ressources économiques de l’Iran, mais reste floue quant à sa mise en œuvre.
Le coût financier du conflit s’élève à plus de 37,5 milliards de dollars, un chiffre qui pèse lourd sur l’opinion publique. Selon des sondages, plus de 60 % des Américains considèrent l’usage de la force comme une erreur, augmentant la pression sur Trump à quelques mois des élections.
La guerre en Iran a également des répercussions directes sur le quotidien des Américains, notamment à travers l’augmentation des prix de l’essence, qui tournent autour de 4 dollars le gallon, contre 2,98 dollars avant le conflit. Cette hausse des prix est devenue l’un des principaux thèmes des élections de mi-mandat, que les candidats démocrates utilisent pour critiquer Trump. Abdul El-Sayed, investissant dans le Michigan, a qualifié cette guerre de « guerre à 200 milliards de dollars de Donald Trump », tandis que le sénateur Jon Ossoff a souligné que le président a rendu les États-Unis « plus faibles et moins sûrs ».
Les républicains, quant à eux, craignent que la flambée des prix n’entraîne des conséquences électorales désastreuses. Si Trump ne parvient pas à répondre à ces préoccupations, il risque de perdre sa majorité au Congrès, une issue qui pourrait affecter significativement la fin de son mandat.
En somme, l’engagement militaire des États-Unis en Iran, loin d’être une victoire rapide, s’est transformé en un défi politique pour Trump, dont les choix stratégiques pourraient déterminer l’issue des prochaines élections.