Paludisme d’aéroport : deux décès à Francfort après des piqûres de moustiques infectés

Le phénomène du paludisme d’aéroport, bien que rare, a fait son apparition en Europe, plus précisément à l’aéroport de Francfort, en Allemagne. Ce fait alarmant a conduit à la contamination de plusieurs employés, entraînant deux décès et quatre hospitalisations.

EN BREF

  • Deux employés de l’aéroport de Francfort sont décédés du paludisme.
  • Quatre autres personnes sont actuellement hospitalisées.
  • Le moustique infecté aurait été transporté par avion, un cas exceptionnel en Europe.

Le paludisme est généralement associé aux zones tropicales, mais il a fait irruption dans une région où il est habituellement absent. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que cette maladie est causée par un parasite et se transmet principalement par la piqûre de moustiques anophèles infectés. En Europe, la maladie est rare, affectant principalement les voyageurs revenant de zones où elle est endémique.

Les autorités sanitaires de Francfort ont annoncé mercredi que deux des six employés de l’aéroport, contaminés entre le 4 et le 6 juillet, sont décédés. Les quatre autres cas ont nécessité une hospitalisation. Selon l’Institut Robert Koch, les personnes auraient été piquées par un moustique infecté, probablement introduit par un vol. Les autorités s’efforcent maintenant de déterminer l’origine exacte de ces moustiques.

Pour ce faire, des pièges ont été installés dans l’aéroport afin de capturer d’éventuels insectes. Les moustiques récupérés seront analysés dans un laboratoire spécialisé en Belgique. Cette approche vise à mieux comprendre comment un tel événement a pu se produire et à prévenir de futurs incidents similaires.

Le terme « paludisme d’aéroport » désigne des cas de contamination chez des individus n’ayant jamais voyagé dans des zones où la maladie circule, mais qui ont été piqués par des moustiques infectés arrivés par avion. Une étude publiée en 2021 indique que ces cas, bien que rares, sont en augmentation, notamment en raison du changement climatique, de l’augmentation du trafic aérien et d’un relâchement des mesures de désinsectisation des avions.

La situation actuelle à Francfort soulève des questions sur les risques sanitaires liés à la mondialisation et à la mobilité accrue des personnes. Même si le risque pour la population générale de Francfort est jugé très faible, cet événement met en lumière une menace qui pourrait passer inaperçue, surtout dans un contexte où les symptômes du paludisme, tels que la fièvre, les frissons et les maux de tête, peuvent être confondus avec d’autres maladies.

En temps normal, le paludisme est endémique dans les régions tropicales et subtropicales, notamment en Africe subsaharienne, mais aussi dans certaines parties d’Asie, d’Amérique latine et du Moyen-Orient. En 2024, l’OMS estimait que 282 millions de cas de paludisme avaient été recensés dans le monde, entraînant 610 000 décès, dont environ 95 % des victimes se trouvaient sur le continent africain, les enfants de moins de cinq ans étant particulièrement vulnérables.

Ce triste événement à Francfort rappelle l’importance d’une vigilance accrue face aux maladies infectieuses, même dans des régions où elles ne sont pas couramment observées. La santé publique doit rester une priorité, et la coopération internationale est essentielle pour prévenir la propagation de maladies potentiellement mortelles comme le paludisme.