Les sapeurs-pompiers de France se préparent à une grève qui pourrait durer plus d’un mois, s’étendant du 8 septembre au 20 octobre 2026. Cette décision, annoncée le 28 août par l’intersyndicale, est motivée par un ras-le-bol face à des conditions de travail jugées insoutenables après un été marqué par des mégafeux dévastateurs.
EN BREF
- Grève des sapeurs-pompiers annoncée du 8 septembre au 20 octobre 2026.
- Revendications pour des moyens accrus et le recrutement de 21.000 pompiers.
- Le service minimum sera maintenu malgré la mobilisation.
Cette grève est le fruit d’un préavis signé par huit des neuf syndicats représentant les sapeurs-pompiers, suite à une réunion jugée décevante avec le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Selon Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale, « la sécurité civile ressort à genoux de cet été de mégafeux ». Il évoque une situation critique où les pompiers sont sollicités de manière croissante tout en étant dotés de ressources insuffisantes.
Les revendications des pompiers ne concernent pas des augmentations de salaires ou des primes, mais plutôt un appel à des mesures concrètes pour renforcer le service public. Ils exigent notamment le doublement du budget de la Sécurité civile, soit un milliard d’euros supplémentaire, ainsi que le recrutement de 21.000 nouveaux soldats du feu. Actuellement, environ 44.000 pompiers professionnels sont en fonction, sans compter les pompiers volontaires.
À titre de comparaison, des pays comme l’Espagne, l’Italie et le Portugal disposent respectivement de 39.000, 43.500 et 12.800 pompiers professionnels, tandis que la France compte plus de 200.000 pompiers volontaires. Ces chiffres, bien qu’impressionnants, doivent être relativisés en tenant compte de la population plus importante de la France.
Pour montrer leur mécontentement, les sapeurs-pompiers porteront un brassard « en grève » au-dessus de leur uniforme. Malgré cette mobilisation, ils s’engagent à maintenir un service minimum. « Le service minimum, c’est le service normal, parce que nous sommes tout le temps en grande tension au niveau des effectifs », précise Xavier Boy.
Les promesses du gouvernement, selon lesquelles les discussions sur le financement des services d’incendie et de secours devraient aboutir rapidement, ne rassurent pas les syndicats. Laurent Nuñez a affirmé que des engagements seraient pris dans le cadre du projet de loi de finances 2027, mais pour les sapeurs-pompiers, cela ne semble pas suffisant. « Il y a peu de chances que le projet de loi de modernisation de la Sécurité civile soit à la hauteur des enjeux », conclut Xavier Boy.
La colère des sapeurs-pompiers illustre une crise profonde du système de sécurité civile en France. Face à des défis croissants tels que les incendies de forêt, le besoin d’action immédiate est plus que jamais pressant. Il reste à voir comment le gouvernement répondra à ces revendications légitimes dans un contexte de tension accrue.