Le 28 août 2023, Washington et Caracas ont annoncé un accord pétrolier « historique » qui devrait permettre aux États-Unis de prendre le contrôle d’une part significative, soit plus de 65 milliards de barils, des réserves pétrolières du Venezuela. Ce nouvel accord a été qualifié par le président américain Donald Trump de « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale », promettant de doubler les réserves pétrolières américaines.
EN BREF
- Les États-Unis prennent le contrôle de plus de 65 milliards de barils de pétrole vénézuélien.
- Trump évoque des bénéfices économiques pour le Venezuela et des milliers d’emplois créés.
- Des incertitudes subsistent quant à la pérennité de l’accord et aux investissements nécessaires.
Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, a également souligné que cet accord soutiendrait la création de milliers d’emplois bien rémunérés et favoriserait la reconstruction de l’économie vénézuélienne. Il a estimé que l’accord pourrait attirer près de 100 milliards de dollars d’investissements privés dans le pays.
Cependant, cet accord est assombri par plusieurs incertitudes. D’abord, il a été négocié avec un gouvernement de transition, à savoir Delcy Rodriguez, qui assure la présidence par intérim après la capture de Nicolas Maduro. Bien que Rodriguez ait exprimé sa gratitude envers Trump, rien ne garantit que les engagements pris par le Venezuela seront respectés par un futur gouvernement.
Jorge R. Pinon, chercheur à l’Energy Institute de l’université du Texas, a mis en garde contre les risques que l’accord soit remis en question par une nouvelle administration. Ce flou politique soulève des questions sur la viabilité des engagements pris par Caracas.
De plus, l’état des infrastructures pétrolières du Venezuela pose un autre défi. Après des années de sous-investissement, celles-ci sont en très mauvais état et nécessiteront d’importants investissements pour être remises en état. Donald Trump compte sur la participation des groupes pétroliers américains pour financer ces travaux. Cependant, la méfiance persiste parmi les investisseurs en raison des expropriations passées menées par le régime vénézuélien.
John Kilduff, analyste chez Again Capital, a souligné que la sécurité reste une préoccupation majeure pour les entreprises américaines. L’accord pourrait permettre de créer une zone où ces entreprises pourraient opérer sans crainte de répercussions, mais les doutes demeurent quant à la stabilité politique du pays.
Trump a également affirmé que cet accord permettrait de réduire les prix de l’essence pour les Américains, sans toutefois préciser quand ces baisses pourraient se matérialiser. Les experts estiment que les résultats ne seront pas immédiats et que des projets d’envergure prendront des années avant de porter leurs fruits.
Elias Ferrer, fondateur du think tank Orinoco Research, a qualifié cet accord de « jeu de récits » autour de négociations déjà entamées. Selon lui, l’achat de pétrole vénézuélien par les États-Unis était déjà en cours. Trump semble présenter ces arrangements comme une victoire politique, dans un contexte plus large de tensions au Moyen-Orient et d’augmentation des prix de l’énergie.
Il convient de noter que les stocks stratégiques américains de pétrole sont actuellement à leur plus bas niveau depuis 1982, après avoir été largement utilisés pour compenser les perturbations d’approvisionnement et la hausse des prix du brut. Le Venezuela, quant à lui, possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Cependant, sa production reste limitée, rendant difficile toute amélioration rapide des prix.
En somme, bien que cet accord entre les États-Unis et le Venezuela soit présenté comme une avancée significative, de nombreux défis demeurent. L’avenir de cette coopération dépendra de la stabilité politique au Venezuela et de la capacité des États-Unis à convaincre les investisseurs de s’engager dans ce marché à haut risque.