Le nouveau service national militaire démarre : 3000 jeunes s’engagent pour 10 mois

À la rentrée, un nouveau chapitre s’ouvre pour la jeunesse française avec le lancement, ce lundi 31 août, d’un service national militaire à vocation volontaire. Ce dispositif remplace le Service national universel (SNU), jugé inefficace et abrogé par le gouvernement après sa mise en place en 2019. Près de 3000 jeunes âgés de 18 à 25 ans vont s’engager pour une période de 10 mois, marquée par un mois intensif de formation militaire.

EN BREF

  • 3000 jeunes commencent un service militaire volontaire de 10 mois.
  • Le SNU, initié en 2019, a été abandonné pour ce nouveau dispositif.
  • 10.000 jeunes par an visés d’ici 2035, en réponse à un besoin croissant de recrues.

Ce premier contingent débutera par un mois de formation intense, où ils apprendront les rudiments de la vie militaire, allant de la discipline aux chants en passant par le maniement des armes. Ce parcours les conduira ensuite à intégrer une unité de l’armée de Terre, de l’Air ou de la Marine. C’est un tournant décisif pour des jeunes comme Dylan, qui, à 18 ans, a quitté son emploi dans le bâtiment pour se lancer dans l’inconnu. Installé en Normandie, il confie à RMC : « Je suis très stressé car tout est nouveau pour moi ». Malgré l’appréhension, il est conscient de l’importance de cet engagement.

Pour d’autres, comme Tanguy, un jeune de 20 ans originaire de Châteauroux, l’armée représente une vocation. Il se dirige vers Toulon pour rejoindre la Marine nationale : « C’est la première fois que je vais être loin de ma famille, mais j’ai besoin de changement », déclare-t-il. Pour lui, cette expérience est synonyme d’acquisition de compétences : « Un cadre comme celui-ci apprend la discipline et la vie en communauté. Ce sont des valeurs appréciées par les entreprises ». Concernant la rémunération de 800 euros bruts, Tanguy préfère rester positif : « Nous sommes nourris, logés, blanchis, ce qui est déjà pas mal ».

Le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU, salue ce nouveau dispositif. Selon lui, les armées y voient une véritable opportunité de former des soldats, en contraste avec l’échec du SNU, qui n’a pas su mobiliser suffisamment d’engagements. « Les militaires considéraient que le SNU ne formait pas de vrais soldats, et l’Éducation nationale ne s’y investissait pas non plus. Ce nouveau service, en revanche, attire des jeunes volontaires », explique-t-il.

Ce programme vise à atteindre, à terme, 10.000 volontaires par an, avec un objectif ambitieux de 50.000 jeunes engagés d’ici 2035. Le général souligne qu’avec l’effondrement démographique en France, il est crucial de créer un réservoir de recrues pour l’armée. « Nous ne pouvons plus recruter comme auparavant », précise-t-il. L’initiative pourrait également contribuer à la constitution de nouvelles réserves militaires.

Malgré la question d’un retour vers un service militaire obligatoire, Dominique Trinquand reste ferme : « La France est trop peuplée pour envisager un tel retour. Cela impliquerait 700.000 personnes par an, alors que nos armées comptent déjà 200.000 soldats actuellement ». En outre, les finances publiques devront être ajustées avant d’envisager un élargissement du service national.

Pour l’heure, toutes les missions se dérouleront sur le territoire français, et le climat semble positif, avec une forte motivation parmi les jeunes. « Je suis impressionné par le volontarisme des jeunes », conclut Dominique Trinquand. Ces jeunes ont été sélectionnés sur dossier, en fonction de leur motivation, et se sont engagés dans une voie qui pourrait transformer leur avenir professionnel et personnel.