Depuis une semaine, le Népal fait face à une catastrophe d’une ampleur inédite suite à des crues meurtrières. Les efforts de secours se poursuivent pour retrouver des survivants, tandis que les bilans sont tragiques. Plus de 1.100 corps ont été retrouvés, et près de 4.500 personnes restent portées disparues. Dans ce contexte désolant, Mona Sherpa, directrice de l’association humanitaire Care, partage son expérience et son engagement auprès des sinistrés.
EN BREF
- Plus de 1.100 morts et 4.500 disparus suite aux inondations au Népal.
- Mona Sherpa témoigne des efforts humanitaires et de la solidarité sur le terrain.
- La reconstruction nécessitera un soutien à long terme pour les communautés touchées.
Les équipes de secours ont dû s’organiser rapidement. À la suite de l’annonce de la catastrophe, Mona Sherpa et son équipe ont immédiatement activé leur dispositif d’urgence. « Nous étions en réunion dans la province de Gandaki lorsque la nouvelle est tombée. Tout a été mis en pause pour mobiliser nos ressources », témoigne-t-elle. L’association avait déjà anticipé des catastrophes potentielles, ayant préparé 150 kits d’urgence quelques semaines auparavant, mais l’ampleur des inondations les a surpris.
Le district de Rasuwa, particulièrement touché, est une zone où Care avait mené des programmes de santé et de nutrition après le séisme de 2015. « J’y étais l’année dernière pour un trek. Nous avions déjà été alertés par des crues soudaines. Cela fait remonter des souvenirs douloureux », explique Mona. La destruction est immense : 40 kilomètres de routes emportés, des lignes électriques détruites, et de nombreuses localités entièrement isolées.
« La coulée de boue a eu lieu tôt le matin, au moment où les enfants se rendaient à l’école. Chaque foyer cherche un membre de sa famille », souligne-t-elle. La perte est incommensurable : les survivants ont tout perdu, y compris leur communauté. Les témoignages recueillis par les bénévoles montrent un profond choc émotionnel, et un sentiment d’impuissance face à la situation actuelle.
Des villages entiers sont ensevelis sous la boue. Les images des dévastations évoquent des scènes d’un film catastrophe. La recherche de survivants semble presque vaine. Les familles n’ont pas seulement perdu leur biens, mais aussi des proches, des amis, et parfois l’espoir d’un avenir.
« Actuellement, les gens sont sous le choc. Mais la semaine prochaine, lorsque l’espoir s’éteindra, nous pourrions faire face à un traumatisme explosif, se manifestant par de la colère ou du mutisme », prévient Mona. Malgré ces difficultés, elle témoigne d’une humanité impressionnante parmi les équipes de secours, qui continuent de s’entraider dans ce contexte désastreux.
« Nos partenaires locaux ont immédiatement proposé leur aide », ajoute-t-elle, reconnaissant le courage et la solidarité qui émergent au milieu de la tragédie. Les bénévoles, souvent les premiers à agir, ouvrent leurs portes pour accueillir ceux qui n’ont plus rien. Ces gestes de générosité apportent un semblant d’espoir dans un océan de désespoir.
Le Népal a besoin d’une solidarité durable pour reconstruire. « Ce n’est pas un événement ponctuel. La reconstruction nécessitera un soutien à long terme », insiste Mona Sherpa. La communauté internationale est appelée à rester aux côtés de ces personnes touchées, pour leur redonner un sentiment de sécurité et les aider à reconstruire leur vie.
Enfin, au milieu de cette dévastation, il est essentiel de se rappeler que, même dans les pires moments, des sourires peuvent surgir. Ces instants de lumière sont des encouragements pour continuer à avancer. Le chemin vers la réhabilitation sera long, mais il est nécessaire d’y croire.